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Conseil National de la Biodiversité : deux poids, deux mesures !

L’Arrêté du 22 septembre 2017 portant nomination au Comité national de la biodiversité a été rendu. Les pêcheurs et les chasseurs sont peu représentés, contrairement aux écologistes.

Fin septembre, les nominations au Conseil National de la Biodiversité ont été rendues publiques au Journal Officiel. Parmi les représentants de notre région, on note la nomination de Dominique Bussereau, représentant des Départements, et Geneviève Gaillard, ex-députée niortaise qui obtient une place en tant que « personne qualifiée ». Globalement, on retiendra que, au même titre que les pêcheurs, les chasseurs sont présents a minima : Alain Durand, vice-président de la FNC est titulaire et Claude Bussy suppléant dans le collège des « usagers de la nature garants du bon état écologique des milieux ». Les écologistes restent en revanche très bien représentés avec un large collège « d’associations oeuvrant pour la préservation de la biodiversité ».

Lire le l’Arrêté portant nomination au Comité national de la biodiversité : jo_29_09_17-nominations-au-comite-national-de-la-biodiversite

Bruant ortolan : populations en baisse mais pas en danger

Le petit migrateur fait l’objet de nombreuses études. La dernière en date révèle que l’espèce serait en déclin de 2 % par an mais sans que cela remette en question son statut de conservation.

Rarement une espèce aura fait couler autant d’encre. Depuis des années, pro et anti-chasse au bruant ortolan, mènent un combat qui s’est parfois, hélas, terminé à la barre des tribunaux. Études et analyses se succèdent. Les politiques landais se mêlent au débat pour une dérogation attendue par quelque 400 chasseurs attachés à la culture locale. En vain, pour l’instant. À ce jour, les responsables de la Fédération départementale des chasseurs s’appuient sur le rapport final de l’étude sur la stratégie de migration de l’oiseau à l’échelle du continent européen publiée le 16 décembre 2016. Un comité scientifique composé de seize membres de différents pays parmi lesquels l’éminent professeur Frédéric Jiguet du Muséum National d’Histoire Naturelle, de deux observateurs (Régis Hargues, directeur de la FDC40 et Laurent Couzi de la LPO) ainsi que d’universitaires et autres spécialistes en ornithologie, a donc planché sur cet épineux dossier.

Au final, on apprend que les bruants ortolans migrant par le sud-ouest de la France proviennent pour 75 % de Pologne. Pour le reste, ils arrivent d’Allemagne, de Norvège et de Suède. Les ortolans russes empruntent la voie orientale et ne migreraient pas par la France. 81 000 couples passeraient par le sud-ouest de la France. Les populations continuent de diminuer chaque printemps et le déclin est estimé entre -20 et -30 % depuis 2000.

Vers un plan de gestion ?
Alors, le bruant ortolan espèce protégée en danger ? Pas forcément. Le rapport qui s’appuie sur une analyse du plumage mais aussi sur des photomètres de géolocalisation avec voies de migration, zones d’hivernage et sites de halte laisse une petite porte ouverte aux amateurs de matole. « La directive 79/409 prévoit les dérogations à l’article 9, tout cela est précisé dans le guide interprétatif signé en 2008 par l’État français et l’Europe, rappelle le président de la Fédération départementale des chasseurs, Jean-Roland Barrère. Que la LPO ne le reconnaisse pas, c’est son problème mais que l’Etat, qui en est le signataire ne l’applique pas, c’est incompréhensible ». L’espèce qui n’est pas classée
« en danger critique », mais « en préoccupation mineure », par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) emprunte deux routes principales lors de sa migration. Les ortolans russes suivent un itinéraire oriental et ne passeraient pas par la France pour rejoindre les hauts plateaux éthiopiens et érythréens. Bien qu’en déclin, ils représentent 90% de l’espèce. Les autres sont ceux qui empruntent la voie traversant le sud-ouest de la France et prennent la direction de l’Afrique de l’ouest pour hiverner en Guinée ou au Mali.

Parmi les effectifs voyageant par la voie occidentale, on dénombre 468 700 couples, soit environ 10% des ortolans européens, représentant un déclin estimé entre 10 et 20% entre les années 2000-2014. Chaque printemps, ce sont près de 1500 couples nicheurs qui ne seraient plus du voyage retour, soit 3000 ortolans adultes.

La chasse à l’ortolan qui fait partie de l’ADN des Landais a-t-elle un avenir ? L’Association départementale des chasses traditionnelles à la matole plaide pour un compromis et la mise en place d’un plan de gestion autorisant un quota de prélèvements à ne pas dépasser pour ne pas aggraver la situation. « Nous le ferons dans le respect des règles ». Les chasseurs savent se montrer responsables et conjuguer protection de l‘espèce et poursuite d’une pratique inscrite au patrimoine local.

Nouveaux chasseurs : sur la piste des alouettes

Cette chasse traditionnelle est régie par un quota de prises imposé par l’administration, quota dont le niveau ne cesse de diminuer en raison de la raréfaction de ce gibier frappé par la dégradation de l’environnement.

Plus de 400 000 en 1998, 120 000 pour la dernière campagne de chasse, le nombre maximum d’alouettes des champs pouvant être capturées à l’aide des pantes dans le département ne cesse de baisser d’année en année. En Gironde, comme dans les Landes, le Lot-et-Garonne, et les Pyrénées-Atlantiques, où cette chasse traditionnelle est régie par un quota de prises imposé par l’administration. Pourtant, les prélèvements réalisés dans les pantes girondines en période de migration et soumis à déclaration par les détenteurs d’autorisations à la Direction départementale des territoires et de la mer s’élèvent à 71077 pour 2015-2016.

On est donc loin du compte. En cause, la dégradation de l’environnement, du réchauffement climatique aux conditions d’accueil des alouettes, plus que la pression de chasse. Comme ses voisins, la Gironde tente de suivre les tendances d’évolution des populations nicheuses. Le département dispose ainsi de 21 circuits soit 105 points d’écoute. L’évolution sur plusieurs années de l’effectif des mâles chanteurs détectés autour de ces points révèle l’évolution réelle de l’effectif nicheur. Et en Gironde, il reste hélas très bas, indiquant le faible potentiel d’accueil pour la nidification de cet oiseau.

Fidèles aux pantes
Cela ne décourage pas les passionnés fidèles au poste. De nombreuses pratiques ont décliné ou ont été interdites depuis des décennies comme celle au magnétophone – certains, pris en flagrant délit et poursuivis pour braconnage peuvent en témoigner – ou celle au panneau. Dans un champ semé d’alouettes, le panneau tenu par les villageois rasait le sol d’un côté et faisait décoller les oiseaux dans ses filets de l’autre. La chasse à la matole est quant à elle encore autorisée pour l’alouette qui, en picorant la nourriture laissée à son attention sous la matole, déséquilibre la tige qui retient la cage et se retrouve prisonnière. Mais dans le Sud-ouest, et en particulier en Gironde, c’est l’utilisation des pantes qui domine. 1661 autorisations de chasse aux pantes ont été délivrées dans le département pour la saison 2015-2016 et autant pour 2016-2017. Il s’agit en fait de filets horizontaux disposés sur des sols aménagés. Ici plus qu’ailleurs la maîtrise de la technique est indispensable. Pour siffler l’oiseau afin de l’attirer, pour interpréter sa réaction et savoir « tirasser » pour déclencher le filet au bon moment.

Le premier « travail » consiste donc à préparer le terrain, à y placer les appeaux – des alouettes vivantes corsetées qui feront croire à leurs congénères que les lieux sont sûrs – à vérifier que les câbles n’ont pas bougé durant la nuit, puis à tendre les filets. Ensuite, comme souvent, c’est une affaire de patience. Une histoire de copains aussi. Depuis leurs abris de fortune, camouflés sous les herbes hautes et la brande, nichés aux coins des vignes et champs de terre, les amateurs scrutent inlassablement le ciel dans l’espoir de voir apparaître de petits points noirs qui, en s’approchant, se révéleront être des alouettes. Encore faut-il distinguer des autres oiseaux leur trajectoire de vol et leur chant caractéristique. Ce sont là des gestes de prises souvent transmis du grand-père au petit fils. Cela ne s’apprend pas dans les livres ou sur internet. Voir les alouettes tourner et papillonner autour de la pante, planer, les siffler, les poser, suffit souvent au bonheur du chasseur qui ne boude évidemment pas la capture. D’autant qu’il y a beaucoup de jour sans. « Ca ira mieux demain » est d’ailleurs la devise dans bien des cabanes.

Perdrix rouge : la Royale investit le Périgord

La FDC24 lance une opération « Perdrix la Royale » sur la quasi totalité de la Dordogne. Après un lâcher expérimental en juillet dans le sud du département, 3 645 spécimens ont rejoint le milieu naturel à la fin de l’été.

Présente autrefois sur une grande partie du territoire, la perdrix rouge n’a subsisté en Dordogne que sur les secteurs de Verteillac, Ribérac et Bergerac, où les cultures céréalières et les vignes restent propices au maintien relatif des populations sauvages locales. Acteur majeur de la gestion durable du patrimoine faunistique du Périgord, la Fédération des chasseurs de la Dordogne a choisi de dynamiser les populations de l’espèce en s’investissant dans un projet porté depuis 2006 par les fédérations de Charente et de Charente-Maritime.

Génétiquement sélectionnée pour écarter toute trace d’hybridation, la «Perdrix La Royale » est une marque propriété de la FDC 17 et le fruit d’un élevage encadré par un cahier des charges aux normes drastiques en termes de traçabilité, de suivi sanitaire, etc. Après une année de gestation, l’opération « Perdrix La Royale » a été lancée cet été en Dordogne.

« Un comportement sauvage »
À Cendrieux dans le Périgord blanc, les infrastructures de la Sarl Gibier Gauthier et Fils correspondaient aux impératifs de l’opération : taille des volières, atelier de reproduction, expérience et technicité du savoir-faire, etc. Mais cette entreprise familiale, spécialisée dans l’élevage de petit gibier est également et surtout affiliée à la marque « Perdrix La Royale » après avoir repris il y a trois ans l’élevage du Maine- Porchet, près de La Feuillade en Charente. « Nous avons transféré tout le matériel à Cendrieux, explique Robert Gauthier, des couvoirs jusqu’aux agraineurs, installé des cultures adaptées à l’espèce et veillé à ce que le biotope réponde bien aux exigences du cahier des charges. »

Le 25 juillet, la FDC 24 et la Sarl Gauthier montait au créneau sur le territoire de la société de chasse de Nojals-et-Clottes, dans le Sud Dordogne, pour un test grandeur nature. « Nous sommes persuadés que l’objectif recherché – à savoir l’amélioration du taux de survie en milieu naturel – sera atteint, annonce R. Gauthier. La « Perdrix L a R oyale », de par ses spécificités génétiques et ses conditions d’élevage, affiche un comportement sauvage et s’avère moins fragile que ses congénères. »

Une convention spécifique
Pour optimiser les bons résultats d’introduction d’une perdrix rouge moins sensible à la convoitise des renards, rapaces et autres prédateurs mais aussi aux prélèvements par la chasse, la FDC 24 a élaboré une convention fédérale. Celleci a pour but « d’organiser toutes les actions entreprises par des structures cynégétiques afin de redynamiser les populations de petit gibier sédentaire de plaine ». Les signataires s’y engagent à travailler en concertation avec le service technique de la fédération départementale sur différents points, parmi lesquels on retrouve : l’identification des meilleurs secteurs pour gérer une souche naturelle, les aménagements de l’habitat (jachères, intercultures, bandes enherbées, etc.), la régulation des nuisibles, la mise en place de réserves de non tir « perdrix », la réalisation de parcs de pré-lâcher, etc.

La FDC 24 assure un accompagnement au niveau de l’élevage, du suivi et de la centralisation des commandes, du baguage et de la livraison des oiseaux aux sociétés de chasse et subventionne chaque oiseau à hauteur d’un euro. Au milieu de cet été, 94 sociétés périgourdines avaient fait une demande d’implantation, pour un total de 3 645 perdrix.

Permis à 0 € : la FDC87 en tête d’une synergie nationale

Le 13 juin dernier, les 10 fédérations partenaires du « Permis de chasser à 0 € » ainsi que le président d’Interprochasse, Jean-François Finot et son équipe se sont réunis à Paris. Un groupe de travail inédit qui a dressé un bilan positif de l’opération et a préparé son développement.

Le « Permis de chasser à 0 € » est aujourd’hui une réussite ! Il est opérationnel dans 10 départements et vraisemblablement bientôt 11 avec un projet mené en Creuse. L’opération fonctionne partout où elle est mise en place et séduit entre 3 et 5 fois plus de candidats à l’examen qu’auparavant ! Par ailleurs, toutes les fédérations atteignent régulièrement leur capacité maximale d’accueil de candidats et 75 % à 80 % des nouveaux chasseurs continuent à chasser l’année suivante. Dans ce challenge pour la survie du système fédéral, les fédérations impliquées murissent l’objectif de rationaliser et mutualiser l’effort de guerre qu’implique cette opération pour accroître encore ses résultats. « La Haute-Vienne détient la paternité du « Permis de chasser à 0 € » et fait valoir 5 ans d’expérience sur ce dossier. Elle ne reste pas pour autant en retrait pour vulgariser toujours autant le concept, aider de nouvelles fédérations à se lancer et surtout, innover sur le sujet », précise Sébastien Hau, directeur de la FDC 87.

Sur le plan opérationnel, le « Permis de chasser à 0 € » a désormais son identité protégée par l’Institut National de la Propriété Industrielle. Son nouveau visuel 2018 sera universel, quel que soit le département. Sa recette fait d’ores et déjà l’objet d’un cahier de charges partagé. Ses ingrédients demeurent inchangés et principalement gratuits. Son ingénierie est dorénavant soutenue par de nombreux partenaires dont Interprochasse qui investit fortement dans son développement. D’autre part, son site internet (www.mon-permis-de-chasser-a-zero-euro.com) qui présente les résultats dans chaque département constitue une vitrine de promotion. « Son principal enjeu n’est plus seulement de recruter mais d’améliorer le suivi et la relation client pour comprendre et anticiper les attentes de nouvelles générations de chasseur, voire adapter et configurer l’offre de chasse actuelle », souligne Sébastien Hau.

Enfin, notons que grâce à l’activisme de Cyril Moreau, directeur de la Fédération Chasseurs de Vendée, une synthèse nationale de l’opération devrait être diffusée durant l’automne par la FNC. Le président Willy Schraen ayant inscrit dans son programme politique national de faciliter l’accès à la chasse, l’opération native de la Haute-Vienne pourrait peut-être constituer le premier étage de cette ambitieuse fusée.

www.mon-permis-de-chasser-a-zero-euro.com

Alliance pour la biodiversité

En finançant la mise en place de cultures intermédiaires, la Fédération départementale des chasseurs de la Creuse aide la petite faune sauvage à se développer.

L’implantation de cultures intermédiaires présente des intérêts environnementaux (protection des eaux contre les fuites de nitrates et des sols contre l’érosion) et agronomiques (restitution d’azote et d’autres éléments minéraux à la culture suivante, apport de matière organique, stimulation de l’activité biologique des sols, diversification de la rotation, rupture des cycles de maladies et de ravageurs,
etc.) indéniables. En automne-hiver, à une période de l’année où les couverts se font rares (céréales récoltées, cultures d’hiver peu développées), les intercultures présentent un fort intérêt pour la faune sauvage. Refuges pour la petite faune de plaine (perdrix, faisans, lièvres, alouettes) et sources alimentaires (végétaux, graines, nectar, pollen et insectes), elles sont aussi favorables aux insectes auxiliaires des cultures tels que les carabes ou les insectes pollinisateurs.

Après un travail conjoint entre les techniciens de la Chambre d’agriculture de la Creuse et ceux de la Fédération des chasseurs, le mélange proposé cette année est composé de 10 kg de vesce commune, 10 kg d’avoine diploïde, 2.5 kg de phacélie et 2.5 kg de moutarde blanche par hectare. Ce mélange, qui a déjà été testé, fonctionne très bien et apporte des bénéfices tant agronomiques que faunistiques.

Les crucifères comme la moutarde procurent au couvert un développement rapide. Ils permettent aussi de piéger les nitrates et ont un rôle important dans la structuration du sol. L’introduction d’avoine et de vesce génère une véritable source d’alimentation pour la petite faune de plaine. En plus, la vesce a un intérêt particulier puisqu’elle est capable de piéger l’azote de l’air (fixation symbiotique) pour le rendre assimilable par les plantes. Enfin, la phacélie est appréciée pour son caractère mellifère qui la rend très attractive pour tous les insectes butineurs.

Concrètement, la Fédération des chasseurs de la Creuse fournira aux agriculteurs la semence pour mettre en place des intercultures. En contrepartie, les agriculteurs s’engagent à ne pas détruire le couvert avant le 15 février. Ce dispositif est cofinancé par la Région Nouvelle Aquitaine ainsi que par la Fédération des chasseurs et ACCA ou Chasse privée concernée.

  • Pour tout renseignement, contacter la Fédération départementale des chasseurs de la Creuse, au 05 55 52 17 31 ou fdc23@wanadoo.fr

Chiens de rouge, une activité en plein essor

La recherche au sang est une activité assez récente qui se développe de plus en plus. Elle est liée à l’augmentation des populations de grand gibier. En Corrèze, la délégation départementale de l’UNUCR est présente depuis 12 ans et participe à de nombreuses manifestations canines et fêtes de la chasse. L’occasion pour elle de présenter cette spécificité qui réserve toujours de formidables journées de chasse.

L’Union Nationale pour l’Utilisation de Chiens de Rouge (UNUCR) a pour objectif de promouvoir la recherche du grand gibier blessé à l’aide de chiens spécialisés appelés « chiens de sang » ou « chiens de rouge ». Dans un département comme la Corrèze où la chasse du grand gibier est surtout pratiquée en battues à l’aide de chiens courants, l’utilisation de chiens de rouge ne va pas de soi. Pour autant, la recherche au sang y trouve un terreau favorable à son développement. « Les chasseurs sont fondamentalement des amateurs de chiens, le tableau de grand gibier est relativement important et il n’y a aucun problème de droit de suite, s’agissant d’un animal blessé. Si on ajoute à cela un environnement naturel préservé et souvent de grande beauté, pratiquer la recherche en Corrèze est un pur bonheur », souligne Sophie Faurie, directrice de la FDC 19. D’ailleurs, la Fédération départementale des Chasseurs de la Corrèze a toujours répondu présent pour développer des actions favorables à cette activité : bracelet de remplacement pour les cervidés retrouvés en recherche, subventions pour les sociétés faisant appel à un conducteur agréé, diffusion de la liste de ces conducteurs, etc.

Quel gibier en Corrèze ?
Le chevreuil représente le gibier de base de la chasse corrézienne. Il est dommage que sa relative abondance conduise les chasseurs à le négliger. Il représente en effet très peu d’appels en proportion du tableau de chasse réalisé. Le sanglier, surtout s’il est gros, représente un important contingent d’appels mais la passion qui anime les amateurs de ce gibier les conduit à suivre les blessés plus que de raison et les recherches sont souvent longues et difficiles. En proportion de son tableau de chasse (moins de mille animaux), le cerf quant à lui constitue une part importante des animaux retrouvés.

LISTE DES CONDUCTEURS DE CHIENS DE ROUGE
Agréés par l’UNUCR pour 2017/2018 :
– BOUSQUET Pierre : 06 66 92 46 36 / 05 55 98 46 57
– SUZE Didier : 06 74 453942
– THEIL Jacques : 0683012029
Conducteurs de départements limitrophes mais proches de la Corrèze :
– DUBURGT Christian (87) : 06 73 17 58 12 / 05 55 54 99 24
– HAAG Jean Pierre (15) : 06 85 17 81 12 / 04 71 69 73 57
– LIMOUSIN Raymond (23) :06 25 06 22 02 / 04 73 21 72 50
Agréé par l’ARGGB Centre (Association pour la Recherche du Grand Gibier Blessé) :
– JENTY Francis (19) : 09 62 38 67 65 / 06 21 80 53 24

Contrat petit gibier : Blanzay parie sur le vénéré

L’ACCA de Blanzay profite d’un contrat petit gibier avec la fédération pour diversifier ses actions.

Blanzay, c’est un territoire de 2 850 ha dont 600 de bois répartis par petites entités sur la commune. Ici aussi, on chasse d’abord le grand gibier. « On a un bracelet de cerf, une trentaine de chevreuils et on fait quelques sangliers tous les ans » explique le président, Mickaël Léonard. « Le territoire est en tout cas favorable au grand gibier car on détient le record du plus gros chevreuil, 36 kg, et, surtout, de la plus grosse laie, 157 Kg. Elle a malheureusement fait de gros dégâts dans nos meutes avant d’être abattue ».

La vie de l’ACCA s’organise donc essentiellement autour de la vingtaine de battues mises en place chaque saison. « Après la fermeture, on fait aussi quatre chasses à courre, une au sanglier et trois sur renards ». La déception à Blanzay vient donc du petit gibier et de la population de lièvres en particulier. « On ne peut distribuer un bracelet que par groupe de quatre ou cinq copains qui prélèvent et… dégustent ensemble. On favorise au moins la convivialité… » souligne le président, qui ne se satisfait toutefois pas de cette situation. « On a remis une grande réserve au centre de la commune et ça commence à porter ses fruits ».

L’ACCA dispose aussi d’une volière anglaise mise en place en 2001. « On a travaillé avec des faisans « Américains », mais ça n’a pas marché. On a relancé l’activité depuis quelques saisons avec des faisans vénérés pour faire des coqs trophées ». L’action principale pour le petit gibier était toutefois axée essentiellement sur la régulation des prédateurs. « L es tirs d’été sur chevreuil ont débuté chez nous et on en a profité pour s’attaquer aussi aux renards. C’est un succès. L es gars ont pris plaisir à cette chasse. E t on a été efficace. En tout, l’année dernière, on a prélevé 42 renards et dès cette saison on en voit moins ».

Mobilisés
L’opération « soutien au développement du petit gibier » lancée par la fédération tombait finalement à pic pour l’ACCA de Blanzay. « C’était un encouragement financier non négligeable à en faire un peu plus et les gars se sont mobilisés ». La débroussailleuse a complété le travail des moutons dans la volière. Des branches ont été coupées pour empêcher les fouines de les utiliser pour s’introduire dans l’enclos. Des cotonéasters et pyracanthas viendront compléter les plantations existantes. Des agrainoirs ont enfin été placés aux abords de la volière. «Là, on respecte le cahier des charges du contrat, mais on va faire plus. On va installer d’autres agrainoirs sur toute la commune ». Ajoutez une lutte toujours aussi intensive contre les prédateurs et c’est bien toute la petite faune sauvage qui va profiter de ce travail en faveur des vénérés. Des oiseaux nés dans un élevage Vendéen qui ont été relâchés à dix semaines le 12 août et qui ont pris très vite possession des lieux. Les faisanes ne seront pas tirées et les plus beaux coqs orneront les vitrines des chasseurs de trophée. Des plus adroits en tout cas !

Ecoyeux : tir d’été du brocard dans les vignes

Cinquante-cinq chevreuils à tirer, et seulement quarante quatre chasseurs dans l’ACCA ! Comment réaliser le plan de chasse ? En accueillant des chasseurs extérieurs pratiquant le tir d’été à l’approche. Une révolution au pays de la chasse en battue.

Même en ajoutant des chasseurs voisins de Brizambourg, l’ACCA d’Écoyeux arrive péniblement à quatre-vingt-quatre fusils. Et encore, parmi eux, certains ne sont pas du tout intéressés par le grand gibier, ou vont chasser ailleurs. Devant la hausse des dégâts dans les vignes (jusqu’à quatorze-mille euros pour un seul dossier) et l’augmentation des populations, l’ACCA a eu jusqu’à quatre-vingts animaux à prélever. Le président Gérard Prunier a donc été un des premiers adhérents à « Chasse Vacances », l’opération estivale d’accueil de chasseurs venant d’autres régions.

Comment ça marche ?
C’est très simple. Depuis 2009 la Fédération de Charente-Maritime reçoit les demandes des chasseurs extérieurs. Puis elle les répartit entre les ACCA partenaires, plus d’une trentaine (37 ACCA cette année). Une convention est alors signée fixant le prix du service assuré au chasseur (30 €) celui de la carte et du bracelet (150 €). Le chasseur extérieur règle à la Fédération qui reverse le montant du bracelet et de la carte revenant à l’ACCA. Pas de bénéfice, pas de « revente commerciale ». Tout est transparent, au juste prix. La Fédération trouve les chasseurs. Pas les mêmes chaque année, et pas plus de deux bracelets par personne pour qu’un maximum de chasseurs puissent en bénéficier. Le tir d’été se pratique du 1er juin au 31 août. Uniquement sur le brocard et le renard. Cette saison l’ACCA d’Écoyeux met dix bracelets à la disposition de la Fédération.

L’approche
Jean-Paul Jouve vient du Puy-en-Velay, en Haute-Loire. Depuis 2013 il a appris à connaître les ACCA d’Écoyeux et du Douhet. Ce 4 juillet, comme la veille, il s’est levé à cinq heures du matin et a quitté doucement sa chambre d’hôte voisine pour se rendre sur l’exploitation de Gérard Prunier. Discrètement il a parcouru tout le territoire pour bien reconnaître les limites, les routes, les différentes parcelles de vignes, de champs et de bois, surtout là où il y a des dégâts. Il observe les déplacements d’animaux, leurs passages, sans se faire remarquer, notant tout dans sa mémoire. Dès que le soleil est un peu haut, il rentre discuter de ce qu’il a vu avec le maître des lieux et son fils. Il se mettra à l’affut et tirera le soir, quand les animaux recommenceront à bouger après la chaleur du jour.

Une relation de confiance
Pour Gérard Prunier, le chasseur extérieur doit aimer la chasse, s’investir sur le territoire, avoir une bonne mentalité. En deux mots, il aime bien pouvoir choisir qui vient chez lui. Cela n’évite pas les questions des adhérents de l’ACCA : « V ous tuez tous les brocards, les femelles ne seront pas pleines ! O n ne sait pas ce qu’ILS fonts tout seuls ! »  Que les adeptes de la battue se rassurent. Sur les 6505 chevreuils prélevés dans le cadre du plan de chasse 2016-2017, seule une centaine a été tirée par des chasseurs à l’approche venus de départements lointains.

Lièvre : le connaître pour le gérer

Le lièvre est une espèce emblématique et prioritaire aux yeux des chasseurs charentais. Son niveau d’abondance dépend de la capacité des chasseurs à gérer ses effectifs.

En Charente, la gestion des populations de lièvres est basée sur deux suivis :
– un suivi des populations par indice nocturne à l’échelle du département, en place depuis 2008.
– l’analyse d’Indices Cynégétiques d’Abondance (ICA) issues de la récolte de carnets de prélèvement, effectuée depuis 2002 sur l’Ouest Charente.

Ces deux suivis permettent de recueillir des éléments sur l’état de conservation des populations et de proposer une gestion adaptée à la situation.

La tendance d’évolution des populations de lièvre sur les différentes entités paysagères, sur une période de neuf ans, montre une augmentation sur la partie ouest du département (zone céréalière, viticole et sud charente). A contrario sur la partie herbagère de Charente limousine, sur la zone d’Horte et Tardoire et sur le Montmorélien, l’indice nocturne diminue sur cette même période, avec des niveaux de population parfois faibles.

L’intérêt du suivi départemental réside dans le fait qu’il constitue un indicateur de la tendance d’évolution des effectifs dans le temps, à l’échelle de chaque entité paysagère. En revanche ces suivis réalisés après chasse ne permettent pas d’évaluer le niveau de la reproduction à suivre, qui constitue le principal facteur déterminant le niveau de la population à l’ouverture de la chasse.

En d’autres termes, c’est bien le succès de la reproduction et le taux de survie des jeunes qui doivent renseigner sur le niveau de prélèvements à effectuer en année « N ».

Depuis 2002 dans l’ouest du département, un carnet de prélèvement lièvre est distribué aux chasseurs. L’indice du « nombre de lièvres levés par chasseur » durant le premier mois de chasse du lièvre reflète efficacement le niveau de la population sur le territoire.

L’intérêt de la méthode repose sur un retour important et rapide de ces données à l’issue d’un mois de chasse ; cela permet d’avoir une idée assez rapide de la situation du lièvre et du niveau de sa reproduction en début de saison. Cette méthode nécessite une réactivité à tous les niveaux :
– de la part des chasseurs retournant leur carnet lièvre au début du mois de novembre
– de la part des présidents qui effectuent la synthèse des éléments collectés
– de la part de la fédération des chasseurs qui réalise l’analyse et restitue les résultats sous huitaine.