Logo : nouvel ambassadeur pour la Fédération

Intervenu cet automne, le changement de logo de la FDC33 s’inscrit dans une véritable stratégie de communication pour défendre la chasse, la nature et l’ensemble des valeurs liées à l’environnement dans la droite ligne des souhaits du Conseil d’administration.

Une cible, une lunette de tir qui vise à voir plus clair et plus loin, un cercle qui englobe et rassemble sous la même devise « Chasseurs de gironde, l’esprit nature ». Du vert pour la forêt et les champs, du jaune pour le soleil et le sable, du bleu pour le ciel giboyeux et l’océan. la silhouette d’un oiseau en plein vol, symbole de nature et de liberté. Une police d’écriture manuscrite, comme une signature… Depuis cet automne, la Fédération départementale des chasseurs de la Gironde affiche un nouveau logo.

Plus qu’un dépoussiérage de l’ancien qui datait d’une vingtaine d’années, c’est un véritable tournant dans la stratégie de communication de la FDC33. « Des logos, il y en a partout, nous ne pouvions rester en marge », rappelle Guillaume Desenfant, le directeur de la communication de la FDC33. «Pour des boissons, des films, des voitures, etc. Le logo constitue l’un des piliers de la communication visuelle moderne. C’est un moyen de communication et d’identification indispensable à toute entreprise. Y compris en interne. Là, nous voulons fédérer autour d’une même image car nous sommes tous « chasseurs de Gironde ». « Plus que jamais alors que la chasse est attaquée de toute part, nous devons nous retrouver autour de ces valeurs de respect, de partage, de transmission des savoirs et de développement durable des espèces et des espaces dont nous jouissons », ajoute Thibault Varenne, administrateur référent pour la communication. devenu « marque à part entière », le logo au graphisme contemporain et ses déclinaisons sont déjà présents sur les courriers officiels de la FDC33. Mais aussi comme photo sur les profils facebook ou twitter ainsi que sur le compte instagram (@chasseursdegironde) de la FDC33 avant de bientôt se montrer sur des produits dérivés.

Elisabeth David

Comptage : les mouflons à l’appel !

Début décembre, la Fédération des Chasseurs de la Dordogne et 150 volontaires ont procédé au premier comptage officiel des mouflons installés dans les gorges de l’Auvézère.

Depuis 1966, année de leur retour sur les terres qu’occupaient leurs lointains ancêtres durant la Préhistoire, les mouflons du Périgord n’avaient jamais fait l’objet de recensement officiel. C’est désormais chose faite – du moins pour l’une des trois implantations sur le département – après une matinée de comptage sur leur aire de prédilection : 15 000 hectares dans les gorges de l’Auvézère, entre Savignac-Lédrier, Saint-Mesmin et Génis.

Samedi 1er décembre… Environ 15 jours après le rut. Le brouillard et la fraîcheur de l’aube n’ont pas découragé les bonnes volontés. 150 personnes se sont réunies au petit matin à la salle des fêtes de Génis pour recevoir les instructions de Stéphane Coureaud, technicien référent de la FDC 24 pour le secteur. Dans les rangs des bénévoles, on recense des chasseurs bien sûr mais les troupes de comptage sont aux deux-tiers composés de non-chasseurs : élus locaux, association de treck-randonnée, habitants des villages alentour avec ados et enfants… La présence du mouflon se définit ici comme une richesse, une fierté.

Un protocole inédit
« Pour un comptage rigoureux et fiable, nous inaugurons un protocole inédit en Dordogne mais très courant en montagne », annonce le technicien. En combinant l’approche et l’affût, les mailles du filet se resserrent dans un paysage accidenté près de la rivière, plus doux en s’éloignant des parois abruptes qui longent celle-ci. Le secteur a été réparti en 6 zones distinctes, certaines portent des noms évocateurs pour ceux qui connaissent le pays, à l’image de « la Maison de l’Entrée » ou encore « le Pervendoux ». Les équipes de postés et celles des rabatteurs y seront efficaces en relevant le défi. Les chasseurs des quatre associations locales ont estimé que 60 à 80 individus mouflons vivaient ici ; il s’agit de vérifier ces affirmations. Après deux heures sur le terrain et le retour de toutes les équipes au point de départ, les fiches et leur synthèse livrent leur verdict : 74 mouflons différents ont été dénombrés.

Des populations à suivre
Les fiches révèlent en identification formelle 27 mâles, 10 femelles et 3 jeunes et les groupes les plus importants ont été localisés à hauteur de Saint-Mesmin (32 individus) sur la rive droite et un peu à l’aval sur la rive gauche (15 et 20 individus). En revanche on ne sait toujours pas si les groupes positionnés de chaque côté de la rivière ont des échanges… Quelques traces pourraient le laisser penser mais cela reste à prouver. Par ailleurs, les passerelles aménagées pour les circuits de randonnée pourraient changer les données. Une certitude demeure toutefois : les mouflons périgourdins ne franchissent pas la frontière du département. «Maintenant, nous allons essayer de mettre sur pied des opérations de comptage sur les deux autres secteurs colonisés par les mouflons, poursuit S. Coureaud. À savoir plus au sud vers Villac-Hautefort (environ 60 individus qui se sont détachés de leurs homologues de l’Auvézère) à la fin de l’automne 2019 et dans la vallée de la Dordogne sur Trémolat, Pezuls et Paunat (environ une vingtaine d’individus) l’année suivante.

En attendant, il semble que les populations d’ongulés de montagne soient bien réacclimatées en Périgord. Sur les secteurs concernés, le plan de chasse attribuait 7 bracelets en 1998 et 21 en 2018 avec un quota d’un adulte pour deux jeunes.

Titia Carrizey Jasick

La vénerie toujours présente en Haute-Vienne

Depuis le 19e siècle, la vénerie est présente en Haute-Vienne. Comment a-t-elle évolué au fil des années ?

Dans les années 1850 à 1914, la vénerie était un mode de chasse très présent en Haute-Vienne. En effet, il existait presque un équipage par commune. Les animaux faisant l’objet des découplés étaient le loup, le sanglier, le lièvre et le renard. Les chiens utilisés étaient des bâtards du Haut Poitou, race créée par Monsieur Le Vicomte Emile de la Besge dont le chenil était situé près de Poitiers à Prissac (36). Ces chiens étaient essentiellement utilisés pour la chasse du loup ou du sanglier. Ils étaient particulièrement résistants et les meilleurs étaient capables de forcer un grand loup. La variante locale est le chien de Beaune issue de croisements avec des bâtards du Haut-Poitou. Les équipages se composaient d’une quinzaine de chiens en moyenne, et, fréquemment ils se regroupaient pour obtenir de meilleurs résultats, en particulier pour détruire le loup qui était très répandu dans le département, et présent jusqu’en 1922. Il est à noter, qu’à cette époque il n’était pas rare de « raccourcir » l’animal en cours de chasse, il s’agissait vraiment de destruction. Concernant le lièvre et le renard, les chiens utilisés étaient des biquets de pays ou des griffons. Le nombre de chiens découplés était de cinq à dix.

Toujours présente aujourd’hui
De nos jours il n’y a, à priori, plus de loups mais la vénerie est toujours présente. En Haute-Vienne il y a deux équipages qui chassent le lièvre, deux le chevreuil (le chenil est dans l’Indre pour l’un d’eux, il découple exclusivement en Haute-Vienne) et deux chassent le renard. Les types de chiens sont variés, il y a des Anglo-Français de petites vénerie, et des Billy pour le lièvre et le renard ainsi que des Anglo-Français blanc et orange pour le chevreuil. Il n’y a plus de Vautrait en Haute-Vienne depuis cinq ans. Les chasses se déroulent sur invitation sur des territoires d’ACCA et parfois sur des chasses privées. Pour chasser dans de bonnes conditions les équipages ou ceux qui les invitent doivent négocier les droits de suite sur les territoires voisins ce qui, en général, se passe bien, la vénerie étant très encadrée et les veneurs sont tenus de respecter des règles très strictes préconisées et surveillées par la Société de vénerie.

Nonobstant les difficultés inhérentes à chaque espèce chassée, le territoire de la Haute-Vienne est délicat. Il n’est pas toujours facile pour les « Boutons » ou le maitre d’équipage d’être au contact des chiens et ces derniers doivent être persévérants. La liste des équipages de la Haute-Vienne est disponible sur le site Vénerie.org.

A la rencontre des chasseurs

Les techniciens de la Fédération des Chasseurs de la Creuse animent des réunions avec les chasseurs sur les territoires. Idéal pour favoriser les échanges directs sur les attentes et les initiatives menées par les uns et les autres.

Rien de tel qu’un échange les yeux dans les yeux ! Ainsi, administrateurs et techniciens de la Fédération creusoise sillonnent le territoire à la rencontre des chasseurs pour discuter. La Fédération expose ses politiques tandis que les chasseurs font remonter les informations et leurs demandes… en direct !

Ainsi, une réunion autour du thème du petit gibier s’est déroulée dans le sud creusois. Les résultats de 2016-2017 ont été présentés dans le cadre de la « convention petit gibier ». Après un rappel des méthodes de comptage par Stéphane Quinio, technicien, le débat a vite abordé le sujet de l’élevage des faisandeaux. Les participants ont échangé des informations sur leurs expériences de mise à couvaison des œufs ou d’adoption des poussins d’un jour. À la suite de quoi Christophe Auroy (Banize) a présenté un modèle artisanal d’abreuvoir et de mangeoire pour les jeunes faisandeaux.

Baguage des faisandeaux
De ces réunions découlent des actions très concrètes. Les chasseurs ont regretté que la Fédération ne bague plus les faisandeaux, même si le retour des bagues par les chasseurs reste faible. Après discussion, il a été établi que la Fédération mettrait à disposition des pinces pour fixer les bagues. Plutôt que de se regarder en chiens de faïence, ces moments sont aussi l’occasion de mettre les problèmes sur la table. Ainsi, dans le sud creusois, on déplore que les territoires voisins ne s’impliquent pas davantage dans la gestion du petit gibier que pourtant ils chassent. Les chasseurs ont donc exprimé leur volonté de mettre en place un GI C (Groupement d’intérêt cynégétique) petit gibier pour remédier à ce problème. Pour poursuivre le dialogue, de son côté, la Fédération, par la voix de Claire Thiériot, a incité les chasseurs à accueillir les visiteurs au mieux lors de l’opération « Un dimanche à la chasse ».

La prédation après les lâchers
Dans la rencontre organisée dans l’Est creusois, un bilan par espèces a été présenté. On apprenait ainsi que 400 faisandeaux ont été lâchés. Pour les perdrix, on a compté six nichées pour 59 perdreaux lâchés. 1230 canards ont été lâchés le printemps dernier, sur 26 territoires. Comme pour le Sud-creusois, le sujet du baguage a été évoqué. Ici, on a déploré le maigre retour des bagues des oiseaux lâchés et tués à la chasse. Les chasseurs doivent être sensibilisés à participer à cette action. Mais le tour de table a surtout fait émerger une problématique autour de la prédation. Les personnes concernées par les nichées ont amélioré leurs techniques d’élevage sous poules (tant en couvaison des oeufs qu’en adoption des poussins). Cependant, après le lâcher, les pertes liées à la prédation restent importantes.

Rendez-vous est donc pris deux fois par an sur les territoires pour poursuivre ces réunions de projet.

A noter que le projet de film sur l’élevage des faisandeaux est toujours d’actualité. Le format retenu est un film court (3 à 5 minutes) diffusable sur la chaine YouTube de la chasse. L’objectif est de montrer les étapes clés de l’élevage des faisandeaux sous poules. L’installation de Christophe Auroy doit permettre les prises de vue des principales étapes d’élevage sur un jour à un jour et demi.

Delphine Cordaz

Permis à 0 € : les objectifs sont atteints

En lançant l’opération « Permis à 0 € », la Fédération des Chasseurs de la Corrèze avait deux objectifs majeurs : recruter massivement de nouveaux chasseurs, casser la dynamique d’érosion démographique du nombre d’adhérents. Objectifs atteints !

À ces chiffres, il faut ajouter + 164 candidats inscrits avant le 31/12/2018 qui vont bénéficier de l’opération permis à 0 €. Sur la base d’un taux de réussite à l’examen de 70 %, on relève donc 114 nouveaux chasseurs supplémentaires, soit 2 138 nouveaux chasseurs recrutés. l’objectif de recrutement de nouveaux chasseurs est ainsi réalisé à 102,78 %.

L’objectif de casser la dynamique d’érosion démographique du nombre d’adhérents est atteint avec une 549 chasseurs supplémentaires, malgré la baisse importante des chasseurs déjà pratiquants. sur les 3 années, ce sont 1 550 candidats inscrits, 1 448 candidats présents et 1 246 reçus.

Un candidat inscrit sur cinq n’obtient pas l’examen du permis de chasser, et 86 % des candidats présents ont réussi à l’examen du permis de chasser. on relève par ailleurs 3 174 dossiers d’inscription envoyés et 1 535 dossiers non-retournés. donc, 48,36 % des personnes intéressées ne vont pas au bout de la démarche.

Cervidés : des comptages tous les ans

En comptant les animaux au phare, quatre soirs de suite, tous les ans et toujours sur le même circuit, on aura une meilleure connaissance de l’état des populations.

Olivier Donguy est le nouveau responsable de la commission grand gibier de la Fédération. Il succède à ce poste à Jean Bernardeau, trop tôt disparu. Dès sa prise de fonction, il a poursuivi l’action engagée par son prédécesseur en matière d’harmonisation des pratiques de comptage des cervidés sur le département. « Nos anciennes méthodes sont apparues dépassées. On tentait de compter tous les animaux, mais, au final, on avait jusqu’à 60 % d’erreurs. On s’est donc intéressés à la méthode mise en place par l’ONCFS et qui s’appuie sur 25 ans d’expérience, l’étude par ICE, les Indices de Croissance Ecologique. Elle est testée depuis cinq ans sur le massif de Moulière et les résultats sont très positifs. On va l’appliquer sur tout le département ». Les massifs 9 (Montmorillonnais) et 10 (Civraisien) sont concernés depuis cette année. Les autres vont suivre. « Ce que l’on recherche maintenant c’est savoir si les populations de « grandes pattes » sur un massif sont en croissance, stagnent ou régressent », précise le responsable de la commission. Il y a toujours le comptage traditionnel au phare sur un parcours donné validé par l’ONCFS , « mais on le fait maintenant quatre soirs de suite et, surtout, tous les ans. On aura une très bonne idée de l’évolution de la situation ».

Les pattes des faons
Une démarche qui peut paraître contraignante. « C’est au contraire l’occasion de faire participer un maximum de gens de son territoire lors de ces comptages. Et ils apprécient d’être à la fois responsabilisés et d’avoir la joie d’admirer de très nombreux animaux ». La Fédération se donne deux à trois ans maximum pour mettre en place ces comptages sur l’ensemble du département.

Autre élément déterminant du système, la récupération des pattes arrière des faons. Elles sont mesurées ce qui permet d’avoir une indication importante sur la capacité d’accueil du territoire. « Si la longueur augmente, c’est la preuve que le territoire peut accueillir un plus grand nombre d’animaux. À l’inverse, si les longueurs de pattes diminuent, démontrant une carence, on doit réduire les populations, augmenter donc les attributions. C’est simple ». Dès la saison prochaine, ces pattes de faons seront répertoriées et sur l’ensemble de la Vienne.

Dernier indicateur, la détermination de placettes de 1 m2 où les techniciens iront relever les signes d’abroutissement des grands animaux. L’évolution des dégâts servira aussi à la prise de décision pour le plan de chasse. 1 810 cervidés ont été attribués la saison dernière et on travaille déjà pour 2019-2020. Deux techniciens ont été déjà formés aux techniques de l’ICE et les autres le seront rapidement. Pour le suivi des chevreuils, le même système d’ICE sera mis en place. Pour le sanglier par contre, on doit pour l’instant se contenter de suivre l’évolution des prélèvements. « On vivait depuis plusieurs saisons une croissance sensible. La hausse semble enfin arrêtée ou, du moins, bien freinée. Mais il faut rester mobilisés pour réduire les dégâts ».

Bernard Billy

7 km supplémentaires de haies

Les chasseurs ont encore planté cet hiver 17 600 arbustes sur 26 communes. Et même sous un pylône électrique !

Comme tous les hivers depuis plus de trente ans, la Fédération des Chasseurs a mis cette saison en place 38 projets de plantations dans 26 communes. Avec l’aide du Conseil régional Nouvelle Aquitaine, du Conseil départemental, de la fondation AFAC Agroforesterie, 17 600 plants d’essences locales ont été installés pour créer 6,9 km de haies supplémentaires et des bosquets.

Des plantations souvent accompagnées de la mise en place de bandes enherbées et très souvent situées en bordure de ces chemins ruraux que la Fédération s’attache à protéger. « Ces bords de chemins sont des milieux vitaux pour la flore naturelle et la petite faune sauvage, surtout s’ils sont associés à des haies et bandes enherbées », soulignait Guy Guédon, le président de la Fédération, venu assister à une plantation dans la désertique plaine de Borcq-sur-Airvault.

L’éleveur et producteur de yaourts bio local, Mickaël Boullin, était évidemment intéressé par cet aménagement sur ses terres, comme les chasseurs locaux réunis autour de leur président, Jean-Louis Chansault, venus participer activement à la plantation de 400 m de longueur.

Sous un pylone
Et comme toujours, les scolaires étaient impliqués. Les 26 élèves de l’école publique Ernest Pérochon de Céline Pignon à Airvault, ont découvert la ferme puis planté avec enthousiasme les arbustes. Les animateurs de la FDC, les avaient sensibilisés en amont à l’importance de la haie pour la biodiversité, la protection de l’eau, et d’autres animations scolaires sont programmées avec eux. Et ces plantations intéressent aussi d’autres partenaires.

Le Syndicat des Eaux du Val de Thouet se réjouit des plantations de Borcq qui participent à la protection de la source des Lutineaux. Cyril Griman, l’animateur du syndicat, est aussi venu expliquer aux enfants comment la haie protégeait la qualité de la ressource en eau. Le SMAET 4 B, le syndicat des eaux de la Boutonne, le SECO, syndicat des eaux du Centre-Ouest, dans le Niortais, ont aussi participé activement avec les chasseurs à des plantations dans leurs secteurs.

Enfin, RTE , Réseau Transport Electricité, s’est aussi associé avec la FD C pour une action inédite d’amélioration de la biodiversité : installer une cinquantaine de petits arbustes, ajoncs, aubépines, églantines, viornes, sous un pylône électrique situé dans la plaine entre Brie, Oiron et Bilazais. Les chasseurs espèrent que l’expérimentation sera concluante et que les autres pylônes du secteur bénéficieront des mêmes aménagements.

Des ormeaux aussi
Les essences implantées sont toutes locales et adaptées à la nature des sols. Mais on s’attache aussi beaucoup à choisir des espèces dont les fruits sont appréciés de toute la petite faune, merisiers, alisiers, troènes, cornouillers, prunelliers, etc. Cette saison, on a aussi testé des ormeaux résistants à la graphiose, la maladie qui les a presque fait disparaître de nos campagnes. Une implantation qui va être suivie de près.

Bernard Billy

Semaine du gibier au lycée hôtelier de La Rochelle

Pour la neuvième année consécutive, le Lycée hôtelier de La Rochelle proposait aux clients de ses différents restaurants, des plats à base de gibier. Du 3 au 7 décembre dernier, perdrix et sangliers figuraient au menu.

Cinquante perdrix et six sangliers étaient fournis par la fédération des chasseurs de Charente-Maritime. l’exercice pratique commençait dès le départ, en amont, les oiseaux étant à plumer, et les sangliers vidés mais en peau ! quatre classes de terminale, soit une quarantaine d’élèves, sous la houlette de leurs professeurs de cuisine, découvraient ce qu’était le gibier, produit inconnu de la plupart d’entre eux.

Comment traiter et préparer ces animaux ?
Il était prévu de désosser les perdrix, de les farcir de foie gras, et de les servir avec des pomponnettes de chou aux petits légumes. En plat principal, les noisettes de sanglier seraient mises en valeur par une sauce liée au sang, type civet.

Selon Samuel, élève en bac pro, le travail du gibier est une expérience très intéressante. Depuis la découpe détaillée jusqu’à la réflexion sur les diverses possibilités de préparation et d’accompagnement. La venaison, elle-même, est très différente de
la viande de boucherie, ce qui oblige à être un professionnel inventif.

Pour les deux professeurs, le challenge est tout aussi important, car les différents plats réalisés par les élèves sont servis dans le restaurant d’application, à la brasserie et dans les cinq restaurants d’initiation recevant les lycéens. À La Rochelle, nombreux sont les clients, venus de l’extérieur qui attendent avec impatience cette semaine du gibier. Ils retiennent longtemps à l’avance, et ne sont jamais tout-à-fait sûrs d’avoir une place. preuve que le gibier est un met d’exception, toujours recherché au pays des fruits de mer et du poisson !

Christine De Ponchalon

Evolution du chevreuil en milieu viticole

Des bénévoles qui s’investissent pour une gestion exemplaire de l’espèce.

Dans le cadre de la mise en place des Indices Kilométriques Voiture (IKV) sur l’unité cynégétique de Champagne et Saintonge, la société de chasse de Champmillon s’est portée volontaire pour participer aux deux sessions de formation encadrées par le service technique de la FDC et le service départemental de l’ONCFS, au cours du mois de novembre. Ces formations avaient pour objectif d’évaluer les capacités des observateurs à se repérer sur une carte et respecter un tracé, détecter les animaux et les identifier tout en respectant le code de la route. À l’issue de cette formation, les observateurs reçoivent une carte d’agrément leur permettant d’être autonomes pour réaliser les circuits au mois de mars. Nous avons interrogé monsieur Phillipe Gazaud, président de la société de chasse de Champmillon.

Vous avez participé à deux demi-journées de formation pour devenir observateur bénévole. Quel est votre ressenti ?
Ces nouveaux circuits, qui ne tiennent pas compte des limites de nos territoires de chasse, permettent de passer sur des zones plus favorables pour le chevreuil. Notre circuit est plus représentatif de la population de chevreuils et des milieux dans lesquels nous pouvons rencontrer l’espèce.

Vous réalisiez auparavant quatre sorties pédestres au mois de mars. Quels sont, selon vous, les avantages et les inconvénients de cette nouvelle méthode ?
Depuis deux ans, je ne trouvais plus de volontaires. Je réalisais, donc les 4 sorties, seul. Et sur certains secteurs, par lassitude, les présidents complétaient les données sans faire l’Indice Kilométrique Pédestre (IKP). L’IKV a remotivé les troupes et nous sommes très satisfaits de pouvoir faire le suivi en voiture.

Afin de conserver un réseau de bénévoles dynamiques et qui s’impliquent dans le suivi des populations de chevreuil, que doit faire la FDC ?
Le bénévolat sollicite toujours les mêmes personnes et les jeunes, pas trop disponibles, ont besoin d’être motivés. Il serait nécessaire de faire une réunion annuelle permettant de présenter les résultats, pour peut-être donner l’envie à de nouveaux observateurs.

Pensez-vous que les chasseurs seront plus motivés à participer au suivi par IKV que par IKP ?
Oui, beaucoup plus motivés. Le fait d’être à plusieurs dans le véhicule permet de passer un bon moment ensemble et de rencontrer des observateurs de territoires voisins.

Bécasse : préserver l’avenir

La Mordorée suscite la passion de nombreux chasseurs. Mais face à cet engouement, il est nécessaire de gérer les populations et d’adopter des mesures spécifiques. La Fédération s’engage.

À la veille de chaque saison, les mêmes interrogations reviennent : quelles sont les prévisions d’abondance pour la bécasse des bois ? Va-t-il ou non y avoir une bonne migration dans les Pyrénées-Atlantiques? Quand les oiseaux vont-ils arriver ? En 2017- 2018, les chasseurs du département se sont fait plaisir. Plus de 20 000 bécasses garnissent le tableau après analyse des carnets de prélèvements, soit près de 10 % de plus que la saison précédente.

Les Pyrénées-Atlantiques ont bénéficié de nombreuses boutées assez tôt dans la saison car les conditions d’accueil étaient favorables. « Nous avons eu une bonne saison », confie Michel Aso, administrateur de la Fédération. « Nous avons bénéficié d’oiseaux que l’on n’aurait pas dû avoir », estime le technicien David Achéritogaray. « Il y a eu un gros déficit hydrique dans toutes les régions du sud-est de la France. Les bécasses ont déserté leurs quartiers d’hivernage habituels pour se rapprocher des zones plus humides du grand Sud-Ouest tandis qu’au même moment la neige avait déjà fait son apparition dans le Massif Central ». 62,6 % des carnets de prélèvements sur les 7 700 délivrés ont été restitués à la Fédération. Un résultat excellent par rapport à la moyenne nationale. « Sur les carnets non retournés, on en prend 300 et on appelle les chasseurs pour savoir ce qu’ils ont vu et pris », dit Michel Aso. « Souvent ce sont des chasseurs qui ont deux ou trois bécasses dans la saison. Ceux-là égarent le carnet dans la poche de leur veste. C’est plus de l’oubli que de la négligence ».

Un déficit de juvéniles
Comme ailleurs, les responsables cynégétiques des PA brandissent la menace de la non délivrance d’un carnet la saison suivante en cas de non retour. Ils invitent les chasseurs « tête en l’air » à se justifier par lettre afin d’expliquer les raisons de ce non-retour et leur motivation pour la chasse de l’oiseau mythique. « L’année d’après, ils y pensent », renchérit Michel Aso. Car la Fédération fait le nécessaire pour informer les chasseurs sur la nécessité du retour du carnet : envoie de SMS après la fermeture au 20 février et piqûre de rappel au mois de mai.

Une grande majorité de chasseurs a bien compris que la gestion de la bécasse passe inévitablement par le retour des carnets. «Il y a un fort intérêt pour la bécasse pour les chasseurs au chien d’arrêt », reconnaît encore Michel Aso. Dans les Pyrénées-Atlantiques, le prélèvement maximal autorisé (PMA) est de 2 oiseaux par jour, 6 par semaine et bien entendu, 30 pour la totalité de la saison. Si la saison dernière a été bonne pour les chasseurs, en revanche, l’âge ratio des bécasses prélevées a soulevé des interrogations. « Dans une saison normale, nous sommes aux alentours de 60-70 % de juvéniles alors que nous étions autour de 57 % », constate l’administrateur. « Il y avait beaucoup d’adultes. Ces résultats nous font un peu peur pour la saison en cours et les prochaines. Sachant que la bécasse est fidèle à sa zone d’hivernage, on a des craintes ».

Responsabiliser les chasseurs
Le Réseau bécasse composé d’une trentaine de chasseurs et de techniciens fournit des renseignements sur l’espèce tout au long de la saison. Réuni au début de l’été dernier, le Réseau a fait une analyse fine des données recueillies et émis, pour le futur proche, le souhait de suspendre la chasse deux jours par semaine et de descendre le PMA hebdomadaire à trois oiseaux. «Nous allons prendre notre bâton de pèlerin en décembre et janvier et organiser quatre réunions en expliquant les données que nous obtenons à partir des trois mille bagues que nous avons posées ces dernières années », dit David Achéritogaray. « Il y a des mesures à prendre pour garder quelques bécasses adultes qui nous sont fidèles. Nous allons faire des propositions dans ce sens. Ensuite les chasseurs se détermineront », observe Michel Aso. In fine, la décision sera actée dans le futur schéma de gestion cynégétique départemental. « On a décidé d’être transparent », résume David Achéritogaray. « Il faut responsabiliser les chasseurs. Il y a plus de 40 départements en France qui appliquent des mesures de suspension de la chasse pour la bécasse», plaide Michel Aso. La saison 2018-2019 bat désormais son plein. Les chasseurs et leurs chiens sont pleins d’espoir.

Jean-Michel DESPLOS