Protéger l’eau et la faune

Producteurs d’eau potable et chasseurs s’allient dans le Val de Thouet pour protéger ensemble l’eau et la faune.

Les chasseurs apprécient les efforts effectués par les syndicats de production d’eau potable, celui de la vallée du Thouet par exemple. Comme citoyens, ils se soucient de la préservation de cette ressource essentielle et se réjouissent que les travaux engagés pour l’eau soient tout à fait complémentaires de ceux qu’ils mènent pour protéger la faune sauvage..

La fédération des chasseurs et le syndicat des eaux du Val de Thouet (SEVT) mènent ainsi ensemble des actions de terrain très concrètes. Pour réduire les risques de transferts des pollutions vers les nappes souterraines, on installe l’hiver des couverts végétaux sur les sols. Des plantations qui apportent aussi de très précieux abris à la faune sauvage. Mais, quels mélanges choisir pour être efficace ?

Couverts végétaux
En novembre, une « semaine des couverts végétaux » organisée dans le cadre du programme Re-Sources, a permis de répondre aux questions que se posent les agriculteurs au cours de 13 rencontres dans tout le département. À Assais par exemple, Chloé Fischer du SEV T et Alexandra Baron de la FDC , ont commenté les essais effectués sur les terrains de Stéphane Laurentin. Cinq mélanges ont été testés et on a évalué les résultats en fonction des dates de semis, de la pluviométrie, des coûts aussi. Pour Alexandra Baron, le couvert idéal pousse vite, a une densité assez faible, une hauteur de 40 à 80 cm et comporte des espèces mellifères. Mais les chasseurs sont aussi très attentifs à la destruction de ces cultures. On a testé une barre d’effarouchement, installée à l’avant du tracteur, qui permet de faire fuir les animaux et, au printemps, de protéger les nicheuses et les jeunes levrauts et chevreuils. « Attention, il ne faut pas aller à plus de 9 km/h » souligne Frédéric Audurier, technicien de la fédération. « Il faut même au printemps, faire un tour encore plus lent autour de la parcelle car c’est là que sont la plupart des nids, puis attaquer par le milieu du champ ». Dans le cadre du programme Agrifaune en vallée de l’Autize, deux de ces barres ont été achetées par la FDC et mises à la disposition des agriculteurs.

Acheter des terrains
Dans les vallées du Thouet et de la Dive du Nord, démarche efficace du SEV T qui achète des terrains situés dans les zones de protection rapprochées des captages et les donne à exploiter dans le cadre de baux environnementaux. 40 ha à Seneuil, une quinzaine au Lutineau et à Pas de Jeu, bénéficient de cette protection. Les chasseurs y apportent là aussi leur contribution. À Pas-de-Jeu ainsi, une centaine d’arbres a été plantée dans quatre bosquets sur un champ exploité par Ludovic Hérault. Hervé Boton, Dimitri Gerber de la FDC et Cyril Griman du SEVT ont accueilli les élèves de la classe de CE 1-CE 2 de Mme Piet pour les aider à planter les arbres avec les chasseurs locaux de l’ACCA autour du président Jean-Claude Cailleau. Mais ils en ont aussi profité pour sensibiliser les enfants à la protection de l’eau et de la faune sauvage. D’autres interventions des techniciens auront lieu ce printemps dans la classe, toujours sur ce thème du nécessaire maintien de la biodiversité.

Les brames du cerf se multiplient

Les brames du cerf s’entendent de plus en plus en Deux-Sèvres. La fédération a fait découvrir cet impressionnant cri au grand public.

À cause de sa très faible couverture boisée, l’une des plus faibles de France, les Deux-Sèvres n’accueillent pas de grandes populations de cerfs. L’espèce a besoin de tranquillité et nos bois ne sont pas assez vastes et nombreux pour la leur offrir. « Les cerfs n’en sont pas moins de plus en plus nombreux chez nous », constate Hervé Boton, technicien de la fédération. « La colonisation se fait petit à petit, surtout en périphérie du département grâce aux apports d’animaux venant des départements voisins, Vienne, Vendée, Maine-et-Loire », ajoute son collègue, Frédéric Audurier. Tous les deux ont animé les premières soirées brame organisées par la fédération des chasseurs, assistés des spécialistes que sont Claude Jarriau, directeur de la fédération et Jacques Vion, détenteur du droit de chasse du parc Challon à Mauzé Thouarsais.
120 curieux
C’est là, dans le superbe « Domaine des bois », que trois soirées se sont déroulées, deux ouvertes au grand public et une privée en faveur du Rotary. Quelques 120 personnes y ont participé, le maximum possible. Des séances à « guichets fermés » donc, où les techniciens ont présenté l’espèce, sa biologie, montré différents mues récoltées lors de la chute des bois. Ils ont répondu aux nombreuses questions d’un public vraiment avide de découvrir ces discrets animaux. Le parc Challon en abrite une très belle population dans ses 500 ha clôturés. Une trentaine y sont prélevés chaque saison. Là, les visiteurs ont pris place dans des véhicules pour aller au coeur de la forêt croisant un jeune dix cors, plusieurs bichettes et faons et de nombreux sangliers. Le silence s’est fait dans les véhicules et les cris rauques ont commencé à se faire entendre depuis plusieurs places de brames. Bien sûr, les visiteurs ont respecté la tranquillité des animaux et les bruyants rites de la reproduction des cervidés ont pu se poursuivre dans le secret du coeur de la forêt.

Les filles en meute

L’ACCA de Lezay a enregistré l’arrivée de quatre chasseresses cette saison. Elles marchent en meute !

Evènement rare à Lezay. L’ACC A, qui ne comptait que des hommes, 86 exactement, a accueilli subitement quatre femmes en début de saison. Mais ce n’est pas vraiment une surprise. Christine Bernard, Amélia Guérin, Pauline et Marie Guitton, étaient en effet bien connues dans le milieu de la chasse locale. « On accompagnait les chasseurs, Christine son mari, nous les pères et les copains, en particulier dans les battues, derrière les meutes » explique Marie. « Mais pour pouvoir intervenir avec eux sur les chiens, il nous fallait le permis ». Elles se sont inscrites ensembles et ont préparé les épreuves ensembles. « Le permis à 0 €, ça tombait bien. Et puis la pratique nous a donné de l’assurance pour le maniement du fusil ». Les tirs ne sont pas encore pour autant bien assurés. « Beaucoup de cartouches et peu de gibier » concède Marie. « Une seule perdrix » explique Amélia. La championne, c’est Pauline, la technicienne de la DSV : « trois faisans et deux cailles ! Je suis contente».

Vive les battues
Mais toutes, en fait, attendaient les battues. Amélia et Marie arborent déjà fièrement le maillot de l’AFACCC , l’association des amateurs de chasse au chien courant et accompagnent leurs copains dans les concours. « Pour les chevreuils, on sera dans la ligne avec les tireurs, mais pour les gros on sera derrière les chiens » explique Amélia. « C’est là qu’on prend le plus de plaisir ». Fin octobre, quand nous les avons rencontrées, elles attendaient avec impatience le début de saison des battues, de vivre ces lancées qui les font tant vibrer. Et comme les occasions d’attaquer chevreuils ou sangliers ne manquent pas, elles s’apprêtaient à vivre une première grande saison de chasse. En meute bien sûr !

L’archevêque à la fédération

Evènement tout à fait exceptionnel fin mars au siège de la Fédération des chasseurs des Deux-Sèvres. Pour la première fois sans doute en France, on y a accueilli l’archevêque du diocèse, Monseigneur Pascal Wintzer.

Pour mieux appréhender les réalités humaines dans les paroisses, le prélat y visite entreprises et institutions. Il a tenu ainsi à rencontrer Guy Guédon, président, Claude Jarriau, directeur de la fédération, qui étaient accompagnés de Paul Dupuis, administrateur de la Fédération et diacre du Mellois à qui Mgr Wintzer a donné pour charge une mission auprès des chasseurs et agriculteurs.

Rencontres Saint-Hubert

La 22e édition se déroulera le samedi 7 octobre à Amailloux. Le concours est ouvert aux chasseurs et chasseresses avec leurs chiens d’arrêt ou spaniel.

Pour cette nouvelle saison, Roland Santoire et l’association cynophile AFPECCA passent la main pour l’organisation à l’association des jeunes chasseurs des Deux-Sèvres. Kevin Vincent sera le nouveau référent. Inscriptions et renseignements : Kevin Vincent au 06 77 62 95 75.

Assemblée générale : communiquer pour convaincre

Congrès de haute tenue pour les chasseurs deux-sévriens à Bocapôle, où ils ont découvert un président national déterminé et convaincant.

« Nous avons longtemps vécus cachés. C’était une erreur. L’avenir de la chasse passe par les médias. Communiquons pour montrer que nous sommes les meilleurs garants de la biodiversité dans nos territoires », a indiqué Willy Schraen, président de la fédération nationale. Pendant plus de 4 heures, les dirigeants de la FDC79 ont présenté et expliqué leurs initiatives aux très nombreux élus présents et aux 800 chasseurs venus de tout le département et qui sont restés très attentifs jusqu’au dernier discours.

Un sanglier de 160,5 kg !

Nous avions noté la saison dernière une recrudescence de très gros sangliers. La tendance se confirme cette année. Le record a même été battu cet hiver avec un très gros mâle abattu près du village des Chateliers à Amailloux.

Nicolas Brossard, exploitant agricole à Villebouin, avait enregistré d’importants dégâts dans les cultures de son GAEC. Le samedi 3 décembre il apercevait l’un des auteurs de ces dommages, un très gros sanglier. Il entrait dans une saulaie. L’alerte était donnée et l’après-midi une dizaine de chasseurs se regroupaient avec Hervé Blanchet et ses chiens et le bois était encerclé. Très vite sept sangliers étaient débusqués. Une femelle de 50 kg et un mâle de 74 kg étaient prélevés.

Mais, dans la saulaie, les chiens étaient toujours « au ferme ». Le gros refusait de sortir. Craignant pour ses animaux, Hervé Blanchet est allé affronter le monstre qui était de plus en plus menaçant. Il l’a tué d’une balle en pleine tête. Les chiens étaient saufs. Sur la balance, ce très gros mâle affichait 160,5 kg de muscles. Pas étonnant qu’il y avait des dégâts dans les cultures alentour !

Préserver les chaumes des couverts naturels

La fédération va inciter les céréaliers à conserver les chaumes en place pour que la faune sauvage bénéficie de couverts naturels.

La récolte est tout juste faite, la paille est à peine mise en botte, que la déchaumeuse entre déjà en action au grand dam des chasseurs. Elle laisse en effet un terrain nu où les poussins se retrouvent sans repaire ni nourriture. Bien sûr, les CIPAN qui sont mis en place apportent le couvert, mais encore faut-il que la levée se fasse. Et les repousses naturelles de céréales dans les chaumes sont bien plus profitables à l’ensemble de la faune sauvage. « La terre aussi en profite car on évite ainsi son érosion », souligne Jean-François Chollet, chercheur en agrobiologie au CNRS et président de la commission petit gibier de la fédération des chasseurs. « Et puis l’exploitant agricole peut économiser sur les travaux et l’achat des graines. Nous avons mené des premiers tests sur des territoires pilotes à La Crèche, Faye, Xaintray, Béceleuf, qui se sont avérés concluants ».(…)

Lire l’intégralité de cet article dans Chasseur en Poitou-Charentes n°98.

Jeunes chasseurs : mieux connaître son chien

En collaboration avec l’association des jeunes chasseurs, la fédération a reconduit son opération « le chasseur et son chien » pour permettre aux nouveaux chasseurs de mieux connaître leur indispensable compagnon.

Sur le terrain du ball-trap de Sainte-Néomaye, une vingtaine de jeunes ont pu découvrir différentes races, setters anglais, épagneuls bretons, griffons korthals, springers spaniels, s’initier à leur dressage, leur éducation, avec des professionnels de l’élevage. Ils ont pu les voir travailler ce qui permettra à chacun de choisir son futur chien en fonction de ses propres attentes.

Un vétérinaire, Gérard Perrin, était également présent pour leur prodiguer ses conseils. Frédéric Audurier a aussi fait travailler son rouge de Hanovre, un chien de sang, qui a été très admiré par les participants. Une matinée très complète.

Pratiques agricoles et perdrix grises

Des scientifiques étudient l’impact des pratiques agricoles sur les perdrix grises. Les chasseurs sont à leurs côtés.

On a assisté, ces quarante dernières années, à une inexorable baisse des populations de perdrix grises. Pour tous les observateurs, il est évident que la profonde modification des territoires a entraîné cette chute des effectifs. Et les perdrix ne sont pas les seules à subir les effets néfastes de ces changements. Outardes, oedicnènes, moineaux, des espèces non chassées, sont dans la même situation critique.

Sous l’égide – et avec le financement – de la Fédération nationale des chasseurs, en lien avec le CNRS, l’université d’Angers et l’appui technique de la fédération départementale des chasseurs, une étude scientifique est en cours dans le sud Deux-Sèvres pour déterminer avec précision l’impact des pratiques agricoles sur la survie, la reproduction, la dispersion des perdrix grises.

On a d’abord équipé de GPS quelques 200 perdrix des lâchers d’été des communes de Mougon, Prahecq et Fors. Les équipements sont rapportés par les chasseurs après prélèvement des oiseaux et c’est Clément Harmange, qui réalise une thèse de doctorat sur le sujet, qui a commencé l’étude des données.

Cette opération GPS a été reconduite cette saison, mais les chercheurs vont aussi s’appuyer sur une autre étude menée à Marigny avec l’appui de l’ACCA locale présidée par Martial Caillaud. Là, on va fermer la chasse de la grise pendant trois ans (1). Quelques 200 oiseaux ont été relâchés mais seulement après le 11 novembre, à la fermeture de la chasse donc.

Des balises
Et, parmi eux, dix ont été équipés de balises qui vont permettre un suivi en direct des déplacements des oiseaux sur le territoire. Un investissement important qui sera accompagné par les techniciens de la fédération et les chasseurs locaux. Ils vont intensifier la lutte contre les prédateurs, mettre en place les jachères et couverts nécessaires.

Mais à Marigny, la présence de plusieurs exploitations en bio, celle de Patrice Filllonneau par exemple, seront un atout pour les oiseaux … et un autre sujet d’études pour les scientifiques qui pourront comparer les résultats de Marigny avec ceux obtenus dans une plaine « classique ». Une autre recherche va concerner l’impact de la qualité de l’alimentation sur la survie et le développement des oiseaux. La grise est décidément l’objet de toutes les attentions.

(1) La chasse de la perdrix rouge reste ouverte sur le territoire.