Bécasse : préserver l’avenir

La Mordorée suscite la passion de nombreux chasseurs. Mais face à cet engouement, il est nécessaire de gérer les populations et d’adopter des mesures spécifiques. La Fédération s’engage.

À la veille de chaque saison, les mêmes interrogations reviennent : quelles sont les prévisions d’abondance pour la bécasse des bois ? Va-t-il ou non y avoir une bonne migration dans les Pyrénées-Atlantiques? Quand les oiseaux vont-ils arriver ? En 2017- 2018, les chasseurs du département se sont fait plaisir. Plus de 20 000 bécasses garnissent le tableau après analyse des carnets de prélèvements, soit près de 10 % de plus que la saison précédente.

Les Pyrénées-Atlantiques ont bénéficié de nombreuses boutées assez tôt dans la saison car les conditions d’accueil étaient favorables. « Nous avons eu une bonne saison », confie Michel Aso, administrateur de la Fédération. « Nous avons bénéficié d’oiseaux que l’on n’aurait pas dû avoir », estime le technicien David Achéritogaray. « Il y a eu un gros déficit hydrique dans toutes les régions du sud-est de la France. Les bécasses ont déserté leurs quartiers d’hivernage habituels pour se rapprocher des zones plus humides du grand Sud-Ouest tandis qu’au même moment la neige avait déjà fait son apparition dans le Massif Central ». 62,6 % des carnets de prélèvements sur les 7 700 délivrés ont été restitués à la Fédération. Un résultat excellent par rapport à la moyenne nationale. « Sur les carnets non retournés, on en prend 300 et on appelle les chasseurs pour savoir ce qu’ils ont vu et pris », dit Michel Aso. « Souvent ce sont des chasseurs qui ont deux ou trois bécasses dans la saison. Ceux-là égarent le carnet dans la poche de leur veste. C’est plus de l’oubli que de la négligence ».

Un déficit de juvéniles
Comme ailleurs, les responsables cynégétiques des PA brandissent la menace de la non délivrance d’un carnet la saison suivante en cas de non retour. Ils invitent les chasseurs « tête en l’air » à se justifier par lettre afin d’expliquer les raisons de ce non-retour et leur motivation pour la chasse de l’oiseau mythique. « L’année d’après, ils y pensent », renchérit Michel Aso. Car la Fédération fait le nécessaire pour informer les chasseurs sur la nécessité du retour du carnet : envoie de SMS après la fermeture au 20 février et piqûre de rappel au mois de mai.

Une grande majorité de chasseurs a bien compris que la gestion de la bécasse passe inévitablement par le retour des carnets. «Il y a un fort intérêt pour la bécasse pour les chasseurs au chien d’arrêt », reconnaît encore Michel Aso. Dans les Pyrénées-Atlantiques, le prélèvement maximal autorisé (PMA) est de 2 oiseaux par jour, 6 par semaine et bien entendu, 30 pour la totalité de la saison. Si la saison dernière a été bonne pour les chasseurs, en revanche, l’âge ratio des bécasses prélevées a soulevé des interrogations. « Dans une saison normale, nous sommes aux alentours de 60-70 % de juvéniles alors que nous étions autour de 57 % », constate l’administrateur. « Il y avait beaucoup d’adultes. Ces résultats nous font un peu peur pour la saison en cours et les prochaines. Sachant que la bécasse est fidèle à sa zone d’hivernage, on a des craintes ».

Responsabiliser les chasseurs
Le Réseau bécasse composé d’une trentaine de chasseurs et de techniciens fournit des renseignements sur l’espèce tout au long de la saison. Réuni au début de l’été dernier, le Réseau a fait une analyse fine des données recueillies et émis, pour le futur proche, le souhait de suspendre la chasse deux jours par semaine et de descendre le PMA hebdomadaire à trois oiseaux. «Nous allons prendre notre bâton de pèlerin en décembre et janvier et organiser quatre réunions en expliquant les données que nous obtenons à partir des trois mille bagues que nous avons posées ces dernières années », dit David Achéritogaray. « Il y a des mesures à prendre pour garder quelques bécasses adultes qui nous sont fidèles. Nous allons faire des propositions dans ce sens. Ensuite les chasseurs se détermineront », observe Michel Aso. In fine, la décision sera actée dans le futur schéma de gestion cynégétique départemental. « On a décidé d’être transparent », résume David Achéritogaray. « Il faut responsabiliser les chasseurs. Il y a plus de 40 départements en France qui appliquent des mesures de suspension de la chasse pour la bécasse», plaide Michel Aso. La saison 2018-2019 bat désormais son plein. Les chasseurs et leurs chiens sont pleins d’espoir.

Jean-Michel DESPLOS

Audrey Blanchart recherche les animaux blessés

Membre de l’Union nationale pour l’utilisation de chiens de Rouge, Audrey Blanchart conduit Nelson, un Rouge de Bavière. Les chasseurs peuvent faire appel à ses services pour retrouver un sanglier, un chevreuil ou un cerf blessé.

Elles sont très peu en France à s’adonner à la recherche au sang. La discipline, méconnue, exige beaucoup de travail. Une relation étroite entre le maître et son chien. Audrey Blanchart habite Caze-Mondenard, dans le Tarn-et-Garonne, en bordure du Quercy-Blanc. Avec son équipe, elle se déplace dans les départements voisins mais aussi dans la région des Corbières (Aude) pour aider à retrouver un animal blessé ou mort.

Audrey Blanchart a passé l’épreuve de conducteur en juin dernier. Elle est encore sous le parrainage d’un conducteur aguerri. Mais comment vient-on à une t-elle discipline ? Après 25 années d’équitation et de compétition au plus haut niveau, Audrey Blanchart a arrêté en 2014 après un accident de cheval et en raison de son activité professionnelle. Cette sportive s’est alors demandé vers quel loisir s’orienter. Avec son compagnon, elle s’est dirigée vers la chasse. Elle a effectué des sorties avec des piqueurs lors de battues au sanglier. « J’ai vu dans un premier temps le travail du chien courant et j’ai connu l’UNUCR du Tarn-et-Garonne par l’intermédiaire de Didier de Caunes », confie-t-elle. « Je l’ai accompagné toute une saison. La recherche au sang m’a vraiment plu et j’ai fait l’acquisition d’un chiot. J’ai assuré son éducation pendant un an pour passer l’épreuve et me parfaire maintenant ».

Sanglier, cerf puis chevreuil
Un animal blessé, quel qu’il soit, qui s’enfuit n’est jamais satisfaisant pour un chasseur. C’est même contraire à l’éthique de la chasse au grand gibier exigeant que l’on recherche systématiquement un animal blessé. « Nous devons éviter que l’animal blessé souffre », insiste Audrey Blanchart. « Les meilleures chances pour retrouver un animal sont très souvent obtenues grâce au concours de chiens spécialisés menés par des conducteurs formés et expérimentés ». Le conducteur travaille en général sur des voies froides. « On attend 2 heures pour les chevreuils et 4 heures pour les sangliers. Il ne faut pas que le chien devienne un chasseur mais qu’il respecte la voie ».

Dans le cadre de l’initiation, le chien effectue ses premières recherches à partir de peau et de pieds de sangliers. « On le met au sanglier et au cerf puis le chien passe au chevreuil car il aime bien cette voie plus sucrée », précise la conductrice qui intervient une fois la battue terminée. « Les animaux blessés par des balles de haut de queue ou de mâchoire sont plus compliqués à retrouver car ils peuvent faire plusieurs kilomètres. Et nous avons le moins de résultat avec les balles d’apophise». Y-a-t-il des risques quand le conducteur et le chien font face à un animal blessé? « Certains conducteurs travaillent uniquement en longe avec des teckels », répond Audrey Blanchart qui a effectué ses trois premières recherches cette année dans le département des Landes. « J’en garde un bon souvenir. Le biotope est beaucoup plus serré que celui du Tarn-et-Garonne par exemple. La première recherche était sur sanglier, ensuite les deux autres sur chevreuil. Les cinq premières recherches au naturel pour un jeune chien sont très importantes pour lui ». Le conducteur ou conductrice doit faire preuve de passion et de pugnacité pour parvenir à un excellent dressage de son auxiliaire.

Jusqu’à aujourd’hui, trop peu de chasseurs font appel à l’UNUCR. Lors de la saison 2016-2017, au plan national, les conducteurs ont effectué en moyenne deux recherches par semaines pour ceux qui sortaient le plus.
– Pour contacter Audrey Blanchart : 06 46 60 37 23

Jean-Michel DESPLOS

Plantation de haies pour la biodiversité

Forte de son outil d’évaluation de la valeur agro-sociocynégétique de la plantation de haie dans le vignoble, la FDC33 multiplie les accompagnements de projets.

La Fédération Départementale des Chasseurs de la Gironde n’en est pas à son coup d’essai dans la plantation de haie par le biais d’un solide partenariat avec l’association Arbres et Paysages. « Dans le vignoble, la haie est un moyen efficace de lutter contre la dérive des produits phytosanitaires qu’elle soit éolienne ou par ruissellement », ne cesse de rappeler Valentin Hermouet, ingénieur agronome, chargé de mission à la FDC33. « Elle permet également de restaurer un équilibre naturel entre les insectes ravageurs de la vigne et ceux auxiliaires de la vigne ».

L’an passé, lors d’un stage de fin d’étude, Valentin Hermouet a mis au point un outil d’évaluation de la valeur agro-socio cynégétique de la plantation de haie dans le vignoble bordelais. Un outil statistique d’aide à la décision qui permet de calculer le pourcentage de financement alloué par les chasseurs et qui peut aller jusqu’à 50 % de la facture des fournitures pour la plantation, la protection et le paillage. La FDC33 a déjà signé des conventions avec 10 châteaux pour 3 012 mètres de haie à planter. Depuis le début de l’année, il a rencontré 57 viticulteurs et plusieurs chantiers sont programmés comme un au château Mouton-Rothschild qui concerne 1 500 mètres de haie ! « La plantation de haies a un intérêt agronomique, cynégétique et sociétal », résume le chargé de mission. « Elles offrent des zones refuges pour des espèces chassables ou non qui trouvent là de quoi se nourrir en fonction des essences choisies, elles-mêmes pensées en fonction des sols. » De l’aubépine, du néflier, noisetier ou prunelier pour le Médoc, du chêne vert ou de l’érable pour les Graves.

Dans un souci d’éducation à la nature, la plantation se fait souvent par le biais de chantiers participatifs avec des écoliers, ravis de ces sorties sur le terrain.

Elisabeth DAVID

APPEL à PROJETS
La FDC33 lance un appel à projets visant à soutenir la plantation de haies dans le vignoble bordelais pour promouvoir la mise en place d’aménagements favorables pour la biodiversité et la faune sauvage. Les flyers sont partis par voie électronique ou postale et les réponses n’ont pas tardé. La FDC33 lance un appel à projet pour soutenir la plantation de haies en bords de vignes afin de promouvoir la biodiversité. Viticulteurs, organismes ou structures viticoles, ACCA et sociétés de chasse ont été destinataires. « Notre objectif est de promouvoir la plantation de haies à l’échelle de tout le vignoble bordelais », résume Valentin Hermouet. Jusqu’à 50 sont pris en charge sur le montant hors taxe du devis d’accompagnement élaboré par l’association Arbres et Paysages. Un financement cumulable avec d’autres dispositifs existants. C’est surtout l’assurance d’être conseillé dans la conception et le chiffrage du projet, dans les variétés à planter et de bénéficier d’un suivi. Les dossiers seront sélectionnés par ordre d’arrivée.
Contact : www.valentin.hermouet@fdc33.com

Migration : le bonheur des paloumayres d’Eyliac

À l’Est de Périgueux, les chasseurs sont unanimes : leur territoire est traversé par l’un des meilleurs couloirs de migration des palombes en Dordogne. Et 2018 restera dans les annales.

Manu, Nicolas, Bertrand, Stéphane, Jérôme, Stéphane et Romain ont travaillé toute l’année pour être prêts… Agés de 25 à 40 ans, qu’ils travaillent dans la fonction publique ou dans le privé, tous ont posé leurs vacances pour vivre un quotidien automnal fait de rituels, de moments partagés… Et bien sûr de vols de palombes !

Durant la période de migration, ils retrouvent depuis 2003 (mais le site est en place depuis 1996) l’échelle qui les conduit à leur paradis perché dans les arbres. « On se retrouve aussi le reste de l’année pour chasser le sanglier mais là, ce n’est pas pareil, expliquent-ils. Nous sommes une bonne équipe de copains et nous apprécions vraiment de pouvoir nous retrouver tous les matins pour monter les appelants et guetter l’horizon. » Les paloumayres d’Eyliac appartiennent à un groupement de propriétaires et de chasseurs dont le territoire s’étend sur plus de 3 000 hectares. Leur palombière – l’une des 1 772 recensées en Dordogne (1) – est installée dans un bois privé qui appartient à un agriculteur, également directeur de chasse. Ici, à l’écart des sentiers battus, ils cultivent leur passion, l’amitié et la convivialité durant un mois plein.

Une excellente Saint-Luc
Un mois sacré, dont ils retirent cette année une grande satisfaction, en louant la position stratégique de leur secteur. « Les passages ont été nombreux et même accentués sur notre axe, poursuivent-ils. Nous sommes bien lotis… On le sait parce qu’on se téléphone tous à travers le département et nous sommes au bon endroit et sur le « bon couloir », entre Excideuil et Vergt, avec des vols qui descendent après sur les Landes en passant à l’Ouest de Bergerac. Nous avons ainsi vécu une excellente Saint-Luc et même une excellente saison ! »

Des palombes tous les jours ? « Nous avons surtout eu 8 jours de migration pendant lesquels nous avons vu beaucoup d’oiseaux, modèrent les chasseurs d’Eyliac. Nous avons vu des vols tous les jours, plus que d’habitude avec 2 ou 3 pics importants, contre parfois un seul sur la saison. D’ailleurs, même si cette dernière s’était arrêtée au 1er novembre elle serait restée excellente ».

Titia Carrizey Jasick

(1) En 2012, la Dordogne a été le premier département d’Aquitaine à procéder à un recensement des palombières installées sur son territoire.

Vers une Maison de la Nature à Limoges ?

Dans sa séance du 27 septembre, le conseil municipal de la Ville de Limoges s’est prononcé en faveur du projet d’implantation d’une Maison de la Nature près du Lac d’Uzurat à Limoges. Celle-ci deviendra le siège de la FDC87 si les adhérents en décident ainsi.

Ce projet s’inscrit dans la continuité des deux dernières assemblées générales départementales des chasseurs à l’occasion desquelles il a été évoqué « un audit interne sur l’actuel siège social à Panazol mettant en évidence plusieurs facteurs limitants pour l’activité fédérale en termes d’accueil, de praticité et de notoriété.» « L’opportunité d’une implantation au bord du Lac d’Uzurat présente un potentiel très important pour la fédération au sein du futur « Espace Nature » envisagé par la Ville », note Sébastien Hau, le directeur de la FDC87. Cet espace sera en effet voué à l’éducation et à la préservation de l’Environnement et sera dédié au grand public ainsi qu’aux scolaires de l’agglomération. Une école fédérale de pêche et un centre de loisir pour jeunes sont par ailleurs d’ores et déjà en voie de concrétisation.

Un marqueur identitaire pour les chasseurs
Dans cette même optique, la Fédération devrait redéployer ses bureaux et ses services au sein de l’actuelle « longère limousine » dominant le lac. Cette imposante bâtisse à rénover pourrait également accueillir un observatoire pour les oiseaux d’eau et un hall pédagogique ainsi que plusieurs interfaces extérieures telles que des aménagements faunistiques et floristiques, des sentiers d’interprétation, du mobilier ludique et de nombreux supports consacrés à l’animation nature (soirées brame du cerf, ateliers à thèmes, conférences à thèmes, jeux de pistes…). Le tout réuni constituerait ainsi une vitrine attractive et une image porteuse pour la Fédération en tant qu’association majeure agréée au titre de la protection de la Nature depuis 1976 mais également un véritable marqueur identitaire pour ses chasseurs et futurs chasseurs, entre campagne et capitale régionale. «Les plans du projet ont été élaborés, des demandes de financements extérieurs ont été anticipées et l’hypothèse de vente de l’actuel siège est actuellement en cours d’étude », précise le directeur.

Ce projet demeuré discret par prudence revêt donc aujourd’hui une certaine évidence. Il sera mis à étude et au choix d’une prochaine assemblée générale fédérale décisionnaire le 14 décembre.

S.L.

Cerfs : le plus grand comptage jamais réalisé !

La Creuse a été le théâtre d’une opération de grande envergure, le comptage des cerfs sur un territoire couvrant une quarantaine de communes. Plus de 1400 animaux ont été recensés.

Mobilisation générale pour déterminer la population de cerfs élaphes aux confins de la Creuse et de la Corrèze, début octobre. Imaginez un millier de personnes qui quadrillent 43 communes (1) à l’affût des cervidés, sur une surface de 123 000 hectares (dont 60 253 hectares de surface boisée cadastrée). Il s’agissait du plus grand comptage jamais réalisé en France. Evidemment, les chasseurs locaux étaient les premiers à répondre à l’appel et ont représenté les deux tiers du contingent. Les effectifs élevés durant tout le week-end ont permis de sillonner un plus large territoire que lors de la précédente édition en 2012, 500 secteurs contre 441. Résultat, ce sont trois fois plus d’animaux qui ont été repérés. 1 422 animaux ont été vus (133 en Corrèze et 1 289 en Creuse) contre 574 en 2012 (54 en Corrèze et 520 en Creuse). Pour continuer sur les chiffres, ont été identifiés 428 mâles, 616 femelles, 283 faons (et 95 animaux non identifiés). Le cerf se plait dans ce coin du sud de la Creuse qui répond à ses besoins d’espace et de nourriture. En effet, cette espèce peut évoluer sur un territoire avoisinant les 3 000 hectares et se déplacer sur plusieurs dizaines de kilomètres pour trouver des lieux de nourrissage plus riches.

Rigueur obligatoire
Ce grand comptage qui a lieu tous les six ans nécessite un grand sérieux car en découlera une photo précise de la population des cerfs sur cette unité (voir encadré « Un suivi du cerf unique en France »). Il complète les opérations d’écoute du brame et le comptage au phare réalisés durant l’année. On cherche ici à affiner le recensement de façon qualitative, à évaluer la structure des populations (mâles, femelles, jeunes) et leur localisation. On comprend donc mieux pourquoi la présence des chasseurs était essentielle parmi les « compteurs » car ils connaissent parfaitement le territoire (le comptage a eu lieu sur 77 territoires de chasse). Les interprétations des résultats sont un moment délicat qui dépendent directement d’une grande qualité des observations de terrain. Évidemment, les cerfs se déplaçant beaucoup, il convient de vérifier qu’ils ne sont pas comptés plusieurs fois. L’observation est réalisée sur les places de brame, mais aussi en périphérie de celles-ci lorsque les places ne sont pas parfaitement définies. Quatre observations consécutives (le matin de 6h30 à 9h et le soir de 17h30 à 20h), ont été effectuées par la même équipe, composée de deux observateurs sur des secteurs d’une centaine d’hectares au maximum. Il va sans dire que la chasse était interdite ce week-end là.

Un plan de chasse au plus près de la réalité
Grâce à ces données précises, la Fédération des Chasseurs de la Creuse est à même d’établir un plan de chasse réaliste. Avant 2004, l’enjeu portait essentiellement sur une colonisation du secteur. Puis, jusqu’à cette année, l’objectif visait à augmenter les attributions pour contenir les populations. Prochaine étape, arriver à une stabilisation des attributions. Posséder des données chiffrées permet ainsi de remplir l’objectif que s’est fixé la Fédération des Chasseurs de la Creuse. Le système actuel se limite à des bracelets indifférenciés. Il repose sur une concertation locale (chasseurs, forestiers, agriculteurs, élus…) pour les attributions et sur la prise en compte des animaux selon un barème de points. Ainsi, chaque attribution donne droit à cinq points. Selon l’animal prélevé, deux à dix points sont retirés, ce qui, in fine, permet d’équilibrer les prélèvements dans les classes d’âge et de sexe.

Delphine Cordaz

(1) 43 communes dont 12 en Corrèze et 31 en Creuse contre 39 lors du comptage de 2012 (10 en Corrèze et 29 en Creuse)

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Le passage des grives en Corrèze

Bien que le département soit situé loin des deux grands axes de migration (Manche Atlantique et Couloir rhodanien), les grives passent en Corrèze en même temps que les palombes, en octobre et plus tard en saison. Gros plan sur cette espèce qui est aussi un mets délicieux très apprécié des gourmets.

À la fin de l’automne et en hiver, les mouvements migratoires des grives sont importants en Corrèze. Ils sont liés aux conditions météo du moment et surtout au gel. « Ces espèces opportunistes se déplacent avec le froid et peuvent hiverner en nombre chez nous. Le territoire corrézien dont l’altitude varie de 100 à 1 000 mètres offre aux turdidés des habitats mais surtout des disponibilités alimentaires très variés », précise Sophie Faurie, directrice de la Fédération des Chasseurs de la Corrèze.

Un garde-manger généreux !
Sur la Haute Corrèze et le plateau de Millevaches, ce sont les sorbiers des oiseleurs qui vont être consommés en priorité. Au Sud, sur le Causse Corrézien (région de Brive), ce sont les graines de genévrier, les aubépines et autres petites baies que l’on trouve dans les haies et bosquets, qui seront appréciées. À l’Ouest du département, région de vergers de pommes golden, les fruits laissés après la récolte (trop petits, abimés ou oubliés par les cueilleurs) vont représenter une énorme disponibilité alimentaire pour les grives. Une étude menée conjointement par la Fédération des Chasseurs de la Corrèze et la Chambre d’agriculture a montré que 3 à 5 tonnes de pommes par hectare sont disponibles à partir de la Toussaint et durant une grande partie de l’hiver sur plus de 2 000 ha de production.

Quelles chasses ?
Ce sont les grives mauvis et litornes principalement qui fréquentent les pommeraies, avec des milliers d’oiseaux qui hivernent en cas de grand froid au Nord de l’Europe ou au Nord de la France. Souvent elles ne restent que quelques jours car au moindre réchauffement elles repartent. À l’automne, les grives (musiciennes et mauvis) sont tirées à la volée, à partir de points hauts, comme les palombes. Durant l’hiver, des chasseurs « spécialistes » chassent ce gibier à l’affût, dans les bosquets qui servent de perchoirs autour des vergers. Beaucoup les tirent aussi au vol, les chasseurs tirant sur un même secteur, se renvoyant les oiseaux les uns aux autres. Autrefois, les chasseurs suivaient les haies et tiraient grives et merles « au cul levé ». Cette chasse est aujourd’hui très peu pratiquée.

S.L.

La fouine toujours nuisible ?

Les dégâts des fouines sont connus mais mal répertoriés. La fédération recherche les documents pour maintenir l’espèce dans la liste des nuisibles.

Dans la liste des animaux nuisibles en Vienne, on ne retrouve plus dans le groupe 2 que le renard, la fouine, la corneille, les corbeaux et l’étourneau sansonnet. Putois, marte, pie, n’y apparaissent plus contrairement aux départements voisins. Et la liste pourrait encore se restreindre pour 2019 – 2022 sous la pression des protectionnistes. « On manque en particulier d’éléments concernant la fouine qui n’est déjà plus classée que dans un rayon de 250 m autour des maisons », explique le directeur de la FDC, Maxence Ronchi.

Dégâts considérables
« On sait que les dégâts aux biens peuvent être considérables parfois, mais on manque de retour de documents chiffrés. Les piégeurs doivent nous retourner leurs déclarations de prélèvement, mais il faut aussi que les chasseurs incitent les victimes des fouines à nous adresser des déclarations. Pour les particuliers aussi, il est très important que l’on puisse garder des moyens de lutte contre cette espèce ».

Les services techniques de la fédération oeuvrent à différents niveaux sur le sujet. « Nous travaillons avec les agriculteurs à la mise en place sur le site internet de la chambre d’agriculture, d’une déclaration en ligne simplifiée, facile à utiliser, pour répertorier les dégâts subis par les particuliers » explique Caroline Cailly, chargée de mission. Mais il faut faire vite car la perte du statut nuisible priverait à l’avenir la fédération des déjà trop rares documents prouvant la densité des populations et les dégâts occasionnés.

Formation
Personne ne veut croire à ce qui serait une aberration dans le monde rural, alors la fédération continue de former des piégeurs pour qu’ils obtiennent leur agrément officiel. « Il s’agit d’une formation obligatoire sur deux jours », explique Alex Chanteloup, qui dirige les sessions. « Dans la première, on présente les espèces « susceptibles de provoquer des dégâts » comme on dit maintenant, on montre les différents pièges et on explique toute la réglementation extrêmement complexe qui régit le piégeage ». La seconde journée est plus technique. «Nous travaillons sur la connaissance et la biologie des espèces, la reconnaissance des empreintes aussi. Un test de connaissances est fait », explique le technicien. « Puis c’est une mise en situation sur le terrain où nous avons l’appui précieux de l’association des piégeurs de la Vienne. Ils apportent leur expérience, montrent comment bien poser les pièges pour être efficace ». Une formation évidemment gratuite (1) qui est complétée pour les piégeurs déjà agréés par des sessions de remise à niveau qui concernent surtout la réglementation. Et on espère, là, ne pas avoir à apprendre demain aux piégeurs, que la fouine n’est plus nuisible !

(1) S’adresser à la fédération, 05 49 61 06 08.

Bernard Billy

L’association des piégeurs de la Vienne compte 323 membres.

L’association des piégeurs de la Vienne compte 323 membres.

Argenson : les ACCA suivent l’exemple de leurs communes

Quatre communes se sont regroupées en une seule, Plaine d’Argenson. Les ACCA ont suivi la même démarche.

On ne peut pas s’égarer sur notre territoire : d’un côté c’est l’autoroute et de l’autre la forêt domaniale ! ». Ce sont les limites de chasse de la nouvelle ACCA de Plaine d’Argenson. Quatre communes Belleville, Boisserolles, Prissé- La Charrière et Saint-Etienne-la-Cigogne, viennent de fusionner pour devenir « Plaine d’Argenson », plaine qui définit bien le paysage local et Argenson pour le véritable nom de la forêt dite de Chizé. « C’était nécessaire de nous réunir car à nous quatre on ne regroupe encore que 1 000 habitants », remarque le maire de la nouvelle structure, Jean-Claude Fradin.

Lui-même chasseur, il a apprécié de voir les ACCA emboiter le pas, se réunir. « C’étaient aussi de toutes petites ACCA. Elles seront plus fortes ensembles et puis les gens se connaissaient déjà bien. Il n’y aura pas de problème », remarque le maire. C’est Romuald Giraud qui a pris en main la nouvelle entité. « On avait déjà l’habitude de travailler en commun. Il y avait depuis 1973 une AICA entre Belleville, Boisserolles et Saint-Etienne. On l’a dissoute pour rejoindre Prissé La Charrière. Beaucoup de chasseurs avaient des cartes dans les deux sociétés et puis on faisait régulièrement des battues ensembles. La fusion n’a pas posé de réels soucis ».

Plus de bras
Les effectifs sont en effet stables et beaucoup parmi les 66 sociétaires vont économiser une carte et tous vont bénéficier d’un territoire agrandi à près de 2700 ha. « C’est surtout de la plaine, mais on a une centaine d’hectares de bois répartis sur la commune et on va louer une parcelle de la domaniale à l’ONF. On a une quinzaine de bracelets chevreuil et on fait quelques sangliers ». Ce regroupement va apporter surtout plus de moyens. À Prissé La Charrière, l’association  » les sociétés réunies  » dispose de matériels qui vont aider à organiser nos manifestations », souligne le président. « Le banquet de septembre a déjà été une réussite. On espère pouvoir investir encore plus ».

Et, sur le terrain, on retrouve aussi plus de bras pour entretenir et surveiller les 27 cages de prélâcher, alimenter agrainoirs et réserves d’eau. Des miradors fabriqués localement ont déjà été installés. Les battues seront plus faciles à mettre en place pour traquer chevreuils, sangliers mais aussi les renards nombreux en bordure de la forêt. « Nous avons un piégeur agréé qui en a capturé 15 et un jeune déterreur qui en a 21 à son actif. Avec les battues, on devrait mieux protéger notre petit gibier ». Romuald Giraud le constate en tout cas : « Les gens commencent à s’aventurer sur le territoire voisin. Ça se fait en douceur. Cette fusion des ACCA n’était pas obligatoire mais on ne regrette pas de l’avoir fait ».

Bernard Billy

Le bureau
Romuald Giraud est entouré de Gérard Guillon et Pierre Marolleau (vice-présidents), Antoine Veneau (trésorier), Jacky Thibaudeau (trésorier adjoint), Daniel Meyer (secrétaire), André Porcher (secrétaire adjoint), Jean-Marie Ragueneau, Jérôme Porcher (administrateurs) Patrice et Yves Fradin, François Herbreteau (membres actifÏs).

Migrateurs : les échos de la la Cabane de Moins

Depuis plusieurs années, la FDC17 a choisi de valoriser davantage la Cabane de Moins à travers diverses études scientifiques et ainsi de faire de ce site un véritable pôle de recherches.

Lancement du programme « sarcelle »
Début 2018, le programme sarcelle d’hiver dont l’objectif est approfondir les connaissances sur l’espèce durant son hivernage en Charente-Maritime, a progressé puisque les séances de capture ont permis d’équiper 8 individus de marques nasales et 7 de balises émettrices.

Les premiers retours
Une femelle sarcelle équipée d’une marque nasale (LTV) le 18 février 2018 a été reprise à la chasse à Brimeux (62), a priori, sur son trajet migratoire post-nuptial.

Du côté des « balises émettrices »…
Plusieurs types de dispositifs embarqués ont été testés avec plus ou moins de succès quant au retour de données exploitables. L’une des sarcelles « mâle », surnommée Picaillou équipée d’un module solaire CELL-ID nous a procurés un ensemble de données intéressantes entre le 18 février et le 30 juin 2018 (carte ci-dessous). En journée sur la réserve de la Cabane, ce petit mâle a exploité les marais d’Yves de nuit jusqu’au 11 mars, date de son départ en migration de retour. Ainsi, le 12 mars à 1h00, l’oiseau est capté en Belgique puis à 13h, au centre des Pays-Bas. Elle atteindra sa destination finale le 13 mars, à Rostock en Allemagne du Nord. Ce mâle a jeté son dévolu sur un étang boisé en bord de rivière. Elle rayonnera autour de ce point pendant toute la période de reproduction. Sa balise cessera d’émettre fin juin, sans doute à cause d’une défaillance technique. Affaire à suivre…

Jérôme Mery

carte sarcelles cabanes de moins 12-18

Parcours de « Picaillou » équipé d’un module solaire CELL-ID.