Déchets de venaison : ce qu’il faut savoir

Que faire des déchets produits par les chasseurs suite à l’éviscération et à la découpe du gibier ? Il est possible de déroger au principe d’’interdiction d’abandon des déchets dans la nature en respectant des bonnes pratiques d’hygiène. Explication.

La réglementation européenne* prévoit une dérogation à l’interdiction générale d’abandon des déchets, en posant le principe que les sous produits de gibier peuvent ne pas être récoltés et laissés sur place « dès lors que les chasseurs appliquent de bonnes pratiques cynégétiques ». Sur le terrain de chasse, il est donc possible d’abandonner les déchets d’un ou deux animaux dans la mesure où cela correspond à une petite quantité produite lors d’une chasse individuelle. Mais il faut que le chasseur prenne soin de les mettre hors du passage du public et que le dépôt ne soit pas source de nuisance ou de pollution. Ces restes d’animaux disparaissent en effet très rapidement et très naturellement. Ils contribuent aussi au cycle de la chaîne alimentaire dans l’environnement.

Sous-produits ou cadavres
De retour chez lui,le chasseur a aussi le droit d’éliminer lui-même les déchets qu’il produit après avoir éviscéré, dépecé ou plumé le gibier qu’il ramène à son domicile dès lors que cela reste conforme à la notion de «quantité raisonnable » produite par un ménage. Le code rural n’a pas encore retranscrit toutes les modalités d’application du règlement européen mais il pose des règles qui vont déjà dans le même sens. Le principe d’élimination par équarrissage des cadavres d’animaux et des sous-produits de gibier est tempéré par une dérogation prévue par l’article L 226-4. Le texte énonce que « par dérogation, il peut être procédé à l’enfouissement des cadavres d’animaux familiers et de sous produits de gibiers sauvages ». Il renvoie à des arrêtés ministériels – toujours pas publiés à ce jour- les précisions sur « les conditions et les lieux d’enfouissement ».

Il en va autrement des cadavres d’animaux sauvages, trouvés morts pour d’autres raisons que la chasse. Ces cadavres sans propriétaire identifié sont pris en charge par l’État et ramassés par l’équarrisseur. Le maire doit être informé car il a la responsabilité de contacter le service le plus proche qui enverra sa facture à l’organisme de gestion du service public d’équarrissage (France AgriMer).

Moins de 40 kilos
Toutefois, il existe une règle ** selon laquelle les animaux de moins de 40 kg peuvent être enfouis sur place. Cette règle ne vaut que pour les cadavres et non pas pour les déchets et les sous-produits de gibier. Lorsque les déchets de gibier sont importants en volume, les sociétés de chasse peuvent avoir intérêt à chercher des solutions adaptées au contexte local. Cela peut par exemple consister à aménager une fosse destinée à l’enfouissement ou une aire de nourrissage de rapaces nécrophages. L’équarrissage pour éliminer les sous-produits de gibier ne rentrera pas dans le cadre du service public et sera donc payant. Des opportunités peuvent aussi se présenter pour mettre en place une valorisation auprès de fabricants d’aliments pour carnivores. Des syndicats de collecte peuvent aussi proposer un mode de ramassage dans le cadre de l’élimination des déchets ménagers. Toutes ces solutions contractuelles sont donc à étudier en fonction des possibilités de financement.

* règlement européen sur les sous-produits d’animaux n°1069/2009
** article L 226-1 du code rural et décret du 16 juillet 2009

Des aigliers menacés !

On n’est même plus surpris d’apprendre qu’une chasse à courre à été perturbée ici, où qu’une vingtaine de « courageux cagoulés » s’en sont pris là à un chasseur de grives solitaire. Mais voilà qu’on s’attaque même maintenant aux aigliers ! Rencontre avec Jean-Louis Liégeois, président des aigliers de France et directeur de l’académie de fauconnerie du Puy-du-Fou.

Pourquoi avoir annulé une de vos chasses ?
L’annonce d’une chasse avec nos aigles a provoqué un déchainement des antichasses sur les réseaux sociaux. Et on avait affaire à des gens sectaires mais surtout très violents. Là, on en est quand même venu aux menaces de mort ! Ces gens sont en plus très bien organisés : nous n’avons pas voulu prendre de risques. Nous avons annulé notre rendez-vous.

Craignez-vous des attaques aussi contre les spectacles avec des oiseaux ?
Il y a un projet de loi en préparation visant à l’interdiction des spectacles itinérants avec des animaux. Nos spectacles avec les oiseaux se font dans un cadre fixe, mais il est bien évident que la tentation sera très forte chez ces gens d’enlever le mot itinérant si ce texte venait à être adopté. Mais, là, nous aurons des arguments à faire valoir. Nous, on mène des actions en faveur de notre environnement en général et de la sauvegarde de ces espèces en particulier. On va se battre ».

Vous chassez aujourd’hui dans le Marais Poitevin, demain en Vienne. Vous êtes quand même optimiste ?
L’enthousiasme des gens à la vue de nos aigles en action ne nous fait pas oublier que nos opposants mènent un lobbying efficaces auprès de gens complètement déconnectés de la nature. Moi, je suis au contraire très inquiet sur l’avenir de notre loisir. Il nous faut être exemplaires dans nos pratiques et bien communiquer pour garder l’espoir.

Chasse aux oies : rassemblements à Rochefort et en Normandie

Après le rassemblement suivi par près de 2 000 chasseurs à Rochefort (17) le 3 février dernier, plusieurs centaines de manifestants se sont réunis sur le pont de Normandie hier. Des chasseurs en colère contre la décision de Nicolas Hulot d’interdire la chasse aux oies en février alors qu’elles sont gazées lorsqu’elles arrivent aux Pays Bas en raison de leur surabondance.

Hier, les manifestants ont fait le déplacement en provenance de toute la Normandie, et aussi des Hauts-de-France, de Loire-Atlantique, ou encore de Gironde. Ils protestent contre le changement de date. Une incompréhension car la surabondance de ces oies provoque chaque année plusieurs millions d’euros de dégâts en Europe, notamment aux Pays-Bas. « En Hollande, des dizaines de milliers d’oies sont gazées chaque années à cause des dégradations qu’elles provoquentEt dans le même temps, on nous empêche de les tuer. C’est le monde à l’envers ! ». Les chasseurs ont distribué des tracts aux automobilistes, filtré les voitures. Le pont de Normandie a été bloqué jusqu’à 20h et quelques dégradations du mobilier urbain seraient à déplorer.

La Fédération Nationale des Chasseurs (FNC), qui s’était exprimée clairement contre toute manifestation, a réagi dans un communiqué contre le comportement de quelques-uns, ne représentant qu’une infime partie des manifestants : « La FNC condamne fermement toutes ces actions violentes qui desservent le monde de la chasse et caricaturent nos revendications légitimes. La FNC continue les négociations avec le gouvernement. »

Rassemblement à Rochefort le 3 février dernier.

 

Manifestation sur le pont de Normandie le 10 février.

Manifestation sur le pont de Normandie le 10 février.

 

Un dialogue de sourd sur les oies…

Nicolas Hulot a annoncé que cette chasse aux oies en février devait se négocier en contrepartie de l’interdiction de la chasse au grand tétras dans les Pyrénées, de la remise en cause du classement nuisible du renard et des mustélidés, l’interdiction de la chasse de certains limicoles, l’interdiction de la chasse à la tourterelle, et bien sûr la remise en cause des chasses traditionnelles.

Lors de sa première rencontre avec Nicolas Hulot, la Fédération Nationale des Chasseurs avait passé des accords constructifs avec le ministre d’Etat, ministre de l’Ecologie et de la Chasse. Le 20 décembre dernier, le ministre  a confirmé que les engagements pris, allaient connaître un aboutissement d’ici le 15 janvier 2018, sur les statuts des fédérations, sur l’organisation maîtrisée du permis de chasser et sur le modérateur de son. Il a confirmé l’engagement du Président de la République sur la place des chasseurs dans l’AFB dans un délai plus long.

Lors de la seconde audience, la FNC a abordé de façon très directe la réforme globale de l’organisation de la chasse qui implique une réforme de l’Etat et qui vient de faire l’objet d’un vote unanime au Conseil d’Administration. Le président, Willy Schraen a insisté auprès du ministre sur la nécessité de conforter l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS) dans l’ensemble de ses missions de police de l’environnement, de la nature et de la chasse dans les départements en augmentant ses moyens humains et financiers, ce qui loin d’être le cas à ce jour. Il a aussi expliqué la réforme de la chasse française, avec le permis national à 200 euros pour favoriser le développement de la chasse et le renforcement de l’échelon fédéral régional pour agir sur la biodiversité ordinaire et l’expertise nature.

Le ministre a reconnu que la réforme était cohérente et qu’il allait falloir trouver les moyens financiers pour ne pas pénaliser l’ONCFS tout en conduisant cette réforme qui implique une autre répartition des flux financiers de l’Etat. C’est lorsque Willy Schraen a abordé les priorités liées au calendrier et notamment le dossier sensible des oies que le ministre a radicalement changé de comportement, quittant sa fonction de ministre d’Etat pour redevenir le militant écologiste. Pourtant la proposition de dérogation très innovante de Willy Schraen pouvait permettre de chasser au maximum 5 000 oies sur l’ensemble du mois de février, dans le cadre d’une expérimentation du futur plan de gestion adaptative européen.

Pour toute réponse, le ministre a proposé « un deal » totalement inacceptable pour la FNC. Nicolas Hulot a annoncé que cette chasse aux oies en février devait se négocier en contrepartie de l’interdiction de la chasse au grand tétras dans les Pyrénées, de la remise en cause du classement nuisible du renard et des mustélidés, l’interdiction de la chasse de certains limicoles, l’interdiction de la chasse à la tourterelle, et bien sûr la remise en cause des chasses traditionnelles. C’est d’ailleurs dans ce domaine que le ministre a de nouveau « dérapé », en affirmant que son idéologie ne lui permettait pas d’envisager la chasse des petits oiseaux, même en bon état de conservation comme le pinson. Le ministre a totalement fermé la porte à toute discussion, avec pour argument sidérant « que ses copains seraient en colère », s’il devait trouver un accord sur les oies.

« Nous ne pouvons accepter d’être reçus au coeur de la République Française, par un ministre d’Etat, qui semble avoir oublié qu’il n’est plus militant écologiste. Évidemment, la FNC a refusé de dealer quoi que ce soit avec le ministre et sa conseillère biodiversité très anti chasse. Pour autant, la FNC ne peut se satisfaire d’une telle réponse concernant le sujet très symbolique des oies et elle prendra toutes les dispositions nécessaires à la défense de cette dérogation pour la pratique d’une chasse raisonnable et équilibrée en février prochain », a indiqué la FNC.

La FNC demande des réponses précises sur l’hybridation des loups

Depuis des années, la Fédération Nationale des Chasseurs (FNC) demande au Ministère en charge de l’Ecologie des résultats officiels sur l’origine génétique et le niveau d’hybridation des loups (croisement entre chien et loup) présents sur nos territoires ruraux, mais aussi de ceux détenus en captivité.

Alors qu’une étude récente du laboratoire Antagene évoquait un taux d’hybridation de 7,5 % des loups vivant en milieu naturel en France, un laboratoire Allemand Forgen vient de présenter ses résultats, sur un échantillon plus restreint en concluant par un taux d’hybridation de 100 % ! Pour la FNC : « Il est indispensable de faire la lumière sur l’état réel d’hybridation de la population de loups de notre pays. Un tel écart ne peut qu’inquiéter les éleveurs et tous les gestionnaires de la faune sauvage. D’ailleurs de tels chiffres, s’ils étaient officiellement confirmés, pourraient remettre en cause le statut juridique d’espèce strictement protégée que lui confère la législation nationale et internationale, ainsi que toute la politique de gestion de cette espèce. »

Face à l’augmentation permanente de la population de loups, la FNC demande aussi aux ministères en charge de l’Agriculture et de l’Ecologie de relever le plafond du nombre de loups à prélever en 2018, à 120 loups, et ce en prévention des dommages importants sur les exploitations d’élevage (estimés déjà à plus de 30 Millions d’€ annuels en prévention, indemnisation et frais de gestion).

Par ailleurs la FNC regrette la nouvelle orientation du Plan National d’Action sur le Loup 2018-2023 en cours de rédaction, qui vise à la suppression progressive des tirs de prélèvements réalisés par des chasseurs dans le cadre d’actions de chasse au grand gibier. « Au nom de quelle efficacité et à quel coût préfère-t-on la mobilisation d’une brigade mobile d’intervention de l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage qui alourdira encore la facture pour le contribuable ? », interroge la FNC dans un récente communiqué.

Cerf abattu : le maître d’équipage dans le viseur des anti-chasse

Le cerf abattu le 21 octobre dernier à la Croix St Ouen, dans le jardin d’un particulier, créé une levée de bouclier des anti-chasse. Alain Drach, le maître d’équipage chargé d’abattre l’animal, subit de lourdes accusations et de nombreuses menaces de mort.

Un cerf a été abattu lors d’une chasse à courre de l’Equipage « La Futaie des Amis » en forêt de Compiègne le samedi 21 octobre dernier à la Croix St Ouen, dans le jardin d’un particulier. Sans être poursuivi par les chasseurs, le cerf s’était retrouvé dans l’allée d’un pavillon. Selon les premiers éléments d’information, Alain Drach, maître d’équipage et président de « La Futaie des Amis », avait la volonté de gracier l’animal et a tenté de le faire sortir de la propriété avec l’aide des gendarmes. Néanmoins, face au comportement de plus en plus agressif de ce cerf blessé et à l’impossibilité de le faire regagner la forêt, les gendarmes ont décidé de le faire abattre et ce, pour des raisons évidentes de sécurité. La propriétaire, absente ce jour là, a été contactée par la gendarmerie et a donné son accord pour entrer dans sa propriété afin de mettre fin à cette affaire.

Alain Drach a alors dû exercer son droit de suite. Ce droit de suite autorise un chasseur à achever un animal mortellement blessé même sur le terrain d’autrui, s’il a prévenu le propriétaire. Depuis Alain Drach a reçu plus de 250 menaces de mort.

Réactions :

Fédération des Chasseurs de l’Oise :

 « Si la Fédération des chasseurs a conscience de l’émoi que peut provoquer un tel acte, elle tient à préciser que l’organisation de cette chasse à courre s’est déroulée dans les règles conformes de la chasse et que l’animal a été abattu sous l’autorité de la gendarmerie nationale pour des raisons de sécurité. Face aux lourdes accusations portées à l’égard du maître d’équipage, celui-ci va porter plainte. La Fédération des chasseurs condamne par ailleurs les nombreuses menaces de mort auxquelles il doit faire face.»

Pierre Deboisguibert, responsable de la Société de vènerie, dans Le Parisien :

« Lorsque malheureusement un animal se réfugie sur une propriété privée, les règles sont d’une clarté limpide (…) Les chiens sont rappelés et on prévient les forces de l’ordre. Les gendarmes doivent ensuite entrer en contact avec les propriétaires des lieux qui doivent prendre une décision. (…) La Société de Vènerie a dès lundi matin lancé une enquête (…) afin de connaître le détail exact des événements (…). Au vu du rapport qui sera effectué dans les 48 heures, elle décidera de la suite éventuelle à donner. En cas de manquements au règlement intérieur des veneurs, elle convoquera la commission disciplinaire avant la fin de la semaine. »

Fédération Nationale des Chasseurs (FNC) :

« Pour le moment, la Fédération Nationale des Chasseurs attend les éléments de la gendarmerie qui permettront de faire l’éclairage sur les circonstances exactes de l’événement qui s’est déroulé ce week-end. (…) Il apparaît que l’auteur des faits ait reçu plusieurs centaines de menaces de mort à la suite de cet épisode. Des propos, diffamatoires et appelant à la violence à son égard, ont également été diffusés via les réseaux sociaux. La FNC s’associe à la Fédération départementale des chasseurs de l’Oise pour appeler au calme et à la sérénité et demande de retrouver un climat apaisé et tolérant au sein du département. Nous demandons également que les anti-chasses n’attisent pas les tensions locales en publiant des propos violents, humiliants ou visant directement la culpabilité du chasseur au cœur de cette affaire. »

Thierry Coste, conseiller à la FNC, sur RMC :

« Les faits peuvent porter à confusion mais soyons réalistes, les veneurs ne chassent pas avec un fusil. Ils poursuivent un animal et effectivement le pavillon où se trouvait le cerf est un territoire qui était, avant, un territoire de chasse. (…) La règle dans ces cas là, c’est toujours de faire en sorte que l’animal soit gracié et de l’écarter. Le seul problème c’est que le cerf n’a pas voulu sortir. Ils sont partis sans armes, avec les gendarmes pour tenter de le faire sortir. S’ils ouvraient le portail, il partait dans la rue. Donc ils ont décidé de l’abattre, ils auraient pu décider de l’anesthésier. L’objectif c’était de le gracier. C’est toujours ce que font les veneurs dans ces cas-là. »

Liens :
https://lc.cx/NxV2
https://lc.cx/NxVz

(Photo : Twitter Le Courrier Picard)

Les chasseurs plaident pour la fin des pesticides

Dans un récent communiqué, la Fédération Nationale des Chasseurs (FNC) plaide pour une fin programmée des pesticides et herbicides toxiques pour la petite faune de plaine.

La Fédération Nationale des Chasseurs (FNC) partage la colère de l’Union Nationale de l’Apiculture de France après l’annonce de la mise sur le marché de deux nouveaux pesticides proches des néonicotinoïdes tueurs d’abeilles. Malgré le vote dans la loi Biodiversité de l’interdiction des néonicotinoïdes dès 2018, avec des dérogations possibles jusqu’en 2020, l’ANSES vient d’autoriser la mise sur le marché de deux nouveaux insecticides, hautement toxiques pour les abeilles et les autres insectes.

« Une telle initiative remet en cause l’interdiction de commercialisation des néonicotinoïdes obtenue de haute lutte au Parlement grâce à la mobilisation d’un certain nombre de députés et notamment ceux du groupe Chasse et Territoires de l’Assemblée Nationale. La Fédération Nationale des Chasseurs demande au Gouvernement de ne pas reculer face aux lobbies agro-chimiques qui maintiennent les agriculteurs dans une dépendance totale à l’égard des pesticides et herbicides, au lieu de vulgariser des solutions alternatives. »

Pour Willy Schraen, président de la FNC : « C’est toute la petite faune de plaine qui est directement impactée par ces herbicides et pesticides qui polluent nos campagnes, nuisent à la santé des agriculteurs et des riverains et menacent en particulier des espèces comme la perdrix, l’alouette des champs, la grive draine mais aussi le moineau, la bergeronnette printanière et la fauvette grisette, malgré nos efforts de gestion depuis 20 ans ».

C’est la raison pour laquelle le monde de la chasse souhaite aussi que  le renouvellement par l’Union européenne de l’autorisation du Glyphosate, puissant herbicide, soit limité dans le temps comme le demande Nicolas Hulot, ministre de la transition écologique. Pour la Fédération Nationale des Chasseurs, il est impératif que les pesticides et les herbicides disparaissent rapidement de nos pratiques agricoles, sous réserve de permettre aux agriculteurs de bénéficier de solutions alternatives dans des délais raisonnables.

Le monde fédéral de la chasse, qui est un partenaire quotidien des agriculteurs, souhaite que les organisations professionnelles agricoles se mobilisent dans le sens d’une transformation du modèle agricole. La course aux rendements est, en effet, en partie responsable de la perte considérable de biodiversité, dans les espaces agricoles.

Conseil National de la Biodiversité : deux poids, deux mesures !

L’Arrêté du 22 septembre 2017 portant nomination au Comité national de la biodiversité a été rendu. Les pêcheurs et les chasseurs sont peu représentés, contrairement aux écologistes.

Fin septembre, les nominations au Conseil National de la Biodiversité ont été rendues publiques au Journal Officiel. Parmi les représentants de notre région, on note la nomination de Dominique Bussereau, représentant des Départements, et Geneviève Gaillard, ex-députée niortaise qui obtient une place en tant que « personne qualifiée ». Globalement, on retiendra que, au même titre que les pêcheurs, les chasseurs sont présents a minima : Alain Durand, vice-président de la FNC est titulaire et Claude Bussy suppléant dans le collège des « usagers de la nature garants du bon état écologique des milieux ». Les écologistes restent en revanche très bien représentés avec un large collège « d’associations oeuvrant pour la préservation de la biodiversité ».

Lire le l’Arrêté portant nomination au Comité national de la biodiversité : jo_29_09_17-nominations-au-comite-national-de-la-biodiversite

Plan Loup, les ministres cèdent…

Nouveau Plan national loup :
Les ministres cèdent sous la pression de quelques associations écologistes !

Les principales organisations agricoles ont claqué la porte de la dernière réunion préparatoire du nouveau Plan National d’Action Loup organisé par les deux ministères (de la transition écologique et solidaire et de l’agriculture, de l’alimentation et de la forêt) en charge de la gestion du loup, mais aussi en charge de la défense des éleveurs français.

La Fédération Nationale des Chasseurs (FNC) est solidaire des représentants des éleveurs qui sont en colère et qui ne comprennent pas que le Gouvernement fasse le choix politique de privilégier une augmentation exponentielle des loups dans notre pays au détriment de l’élevage français.

Le coût budgétaire en indemnisation et en mesures de prévention aux dommages du loup aux exploitations d’élevage dépasse aujourd’hui les 26 millions d’€ annuel (contre 4 millions d’€ 10 ans auparavant) et l’on peut estimer que le coût budgétaire global de l’animation du plan loup se situerait déjà entre 30 et 40 millions d’€.

Les Ministères en charge de l’écologie et de l’agriculture, viennent d’annoncer les nouveaux éléments de cadrage du prochain Plan National d’Action sur le loup pour 2018-2023. Si la mise en place progressive d’une gestion adaptative et différentiée de l’espèce selon les massifs va dans le bon sens, la Fédération Nationale des Chasseurs déplore cependant que ces premières orientations :

– Ne reconnaissent pas l’investissement des milliers de chasseurs, qui participent bénévolement au réseau de suivi & connaissance du loup ;

– N’intègrent aucune action de recherche & suivi concernant l’impact du loup sur les populations de grands ongulés,

– Ne prévoient aucun suivi budgétaire complet de la mise en œuvre des mesures de ce plan d’action;

– S’orientent vers une réduction des tirs de prélèvements au profit des tirs de défense.

Enfin, la FNC s’étonne de la nouvelle orientation qui vise à la suppression progressive des tirs de prélèvements réalisés par des chasseurs dans le cadre d’actions de chasse au grand gibier, lui préférant la mobilisation d’une brigade mobile d’intervention de l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage.

A l’heure où le Gouvernement cherche à faire des économies dans tous les secteurs, comment les deux ministres peuvent-ils faire le choix de gaspiller l’argent public en augmentant le nombre d’agents publics dont la seule mission sera de suivre et éventuellement contrôler les populations de loups ?

Cette étatisation de la gestion du loup est contraire au bon sens alors que les éleveurs comme les chasseurs sont prêts à participer bénévolement à la diminution des populations de loups. Si la mise en place progressive d’une gestion adaptative et différentiée de l’espèce selon les massifs va dans le bon sens les propositions des deux ministres ne permettront pas aux éleveurs de poursuivre leur métier et engendreront une perte de biodiversité considérable dans de nombreuses zones lorsque les éleveurs auront quitté les montagnes.

Pour la FNC, le bon sens voudrait que l’on augmente la pression de prélèvement  pour stabiliser l’effectif de loup en France et retrouver un équilibre par massif entre la présence du loup, l’activité pastorale et la faune sauvage. Avec aujourd’hui plus de 57 zones de présence permanente, une population qui dépasse les 360 individus et qui a été multipliée par deux en 10 ans, le loup n’est plus une espèce en voie de disparition. Sa population doit maintenant être adaptée aux spécificités locales et ne pas provoquer un déséquilibre avec les autres espèces sauvages ou avec  l’élevage  agricole.

La Fédération Nationale des Chasseurs a réuni en urgence un groupe spécifique composé de chasseurs représentatifs de toutes les régions concernées par le loup. Elle  fera des propositions concrètes aux Ministères pour le prochain plan national loup 2018-2023.

Devant tant de dogmatisme, nous comprenons que les principales formations syndicales agricoles aient quitté la table des négociations. Pour ce nouveau Plan National d’Action Loup, la Fédération Nationale des Chasseurs prône une mise en œuvre flexible et réaliste de la Directive Natura 2000, ce qui éviterait des conflits inutiles sur les territoires ruraux de France et permettrait une meilleure coexistence avec ce grand prédateur.

 

Nicolas Hulot, ministre des chasseurs !

En voilà une riche idée ! Nicolas Hulot vient d’être nommé à la tête d’un grand ministère de l’Environnement du premier gouvernement d’Edouard Philippe à la demande du Président de la République, Emmanuel Macron…

Les chasseurs y avaient échappé l’année dernière lorsqu’en février 2016 le président François Hollande proposait au célèbre animateur et écrivain écologiste de devenir ministre d’État. Lequel avait alors refusé… Et bien cette fois, c’est fait. Nicolas Hulot est devenu ministre de l’écologie et donc ministre de tutelle des chasseurs !

Pour la Fédération Nationale des Chasseurs, par la voix de son président Willy Schraen : « La nomination de Nicolas Hulot est non seulement une maladresse mais une vraie provocation, car c’est sans doute le plus anti chasse des ministres de l’Ecologie qui nous ait été alloué au cours des vingt dernières années. Une provocation pour les chasseurs mais aussi pour l’ensemble des ruraux, agriculteurs, pêcheurs, maires de nos villages, et autres usagers de la nature. »

Le Syndicat National de la Chasse nous rappelle cet éditorial paru dans Science et Nature, finement intitulé « Les semeurs de trépas », dans lequel Nicolas Hulot matraque les chasseurs. Extraits : « Pour le simple promeneur qui se retrouve pris dans le concert d’aboiements d’une meute, de coups de fusils épars, de cris guerriers, l’épisode devient vite traumatisant et source de dangers ». Il ressort de ce verbiage de café du commerce que l’ébouriffant animateur ne connaît rien à la vie animale en général ni à la chasse en particulier.

Rappelons par ailleurs qu’il y a quelques semaines, lors de sa campagne devant tous les présidents des fédérations départementales des chasseurs, le candidat Emmanuel Macron s’était engagé non seulement à assurer la défense de la chasse, mais à favoriser aussi son développement « comme un formidable atout au service de nos territoires ruraux et de la biodiversité ». Une mission qui revient donc désormais à M. Hulot… Le pire est à craindre !