Déchets de venaison : ce qu’il faut savoir

Que faire des déchets produits par les chasseurs suite à l’éviscération et à la découpe du gibier ? Il est possible de déroger au principe d’’interdiction d’abandon des déchets dans la nature en respectant des bonnes pratiques d’hygiène. Explication.

La réglementation européenne* prévoit une dérogation à l’interdiction générale d’abandon des déchets, en posant le principe que les sous produits de gibier peuvent ne pas être récoltés et laissés sur place « dès lors que les chasseurs appliquent de bonnes pratiques cynégétiques ». Sur le terrain de chasse, il est donc possible d’abandonner les déchets d’un ou deux animaux dans la mesure où cela correspond à une petite quantité produite lors d’une chasse individuelle. Mais il faut que le chasseur prenne soin de les mettre hors du passage du public et que le dépôt ne soit pas source de nuisance ou de pollution. Ces restes d’animaux disparaissent en effet très rapidement et très naturellement. Ils contribuent aussi au cycle de la chaîne alimentaire dans l’environnement.

Sous-produits ou cadavres
De retour chez lui,le chasseur a aussi le droit d’éliminer lui-même les déchets qu’il produit après avoir éviscéré, dépecé ou plumé le gibier qu’il ramène à son domicile dès lors que cela reste conforme à la notion de «quantité raisonnable » produite par un ménage. Le code rural n’a pas encore retranscrit toutes les modalités d’application du règlement européen mais il pose des règles qui vont déjà dans le même sens. Le principe d’élimination par équarrissage des cadavres d’animaux et des sous-produits de gibier est tempéré par une dérogation prévue par l’article L 226-4. Le texte énonce que « par dérogation, il peut être procédé à l’enfouissement des cadavres d’animaux familiers et de sous produits de gibiers sauvages ». Il renvoie à des arrêtés ministériels – toujours pas publiés à ce jour- les précisions sur « les conditions et les lieux d’enfouissement ».

Il en va autrement des cadavres d’animaux sauvages, trouvés morts pour d’autres raisons que la chasse. Ces cadavres sans propriétaire identifié sont pris en charge par l’État et ramassés par l’équarrisseur. Le maire doit être informé car il a la responsabilité de contacter le service le plus proche qui enverra sa facture à l’organisme de gestion du service public d’équarrissage (France AgriMer).

Moins de 40 kilos
Toutefois, il existe une règle ** selon laquelle les animaux de moins de 40 kg peuvent être enfouis sur place. Cette règle ne vaut que pour les cadavres et non pas pour les déchets et les sous-produits de gibier. Lorsque les déchets de gibier sont importants en volume, les sociétés de chasse peuvent avoir intérêt à chercher des solutions adaptées au contexte local. Cela peut par exemple consister à aménager une fosse destinée à l’enfouissement ou une aire de nourrissage de rapaces nécrophages. L’équarrissage pour éliminer les sous-produits de gibier ne rentrera pas dans le cadre du service public et sera donc payant. Des opportunités peuvent aussi se présenter pour mettre en place une valorisation auprès de fabricants d’aliments pour carnivores. Des syndicats de collecte peuvent aussi proposer un mode de ramassage dans le cadre de l’élimination des déchets ménagers. Toutes ces solutions contractuelles sont donc à étudier en fonction des possibilités de financement.

* règlement européen sur les sous-produits d’animaux n°1069/2009
** article L 226-1 du code rural et décret du 16 juillet 2009

La chasse en Europe, une activité qui compte

La filière chasse dans son ensemble représenterait plus de 30 milliards d’euros !

La valeur économique de la filière chasse en Europe s’élève à 16 milliards d’euros. La FACE (Fédération européenne des associations de chasse et de conservation de la faune sauvage) a en effet récemment expliqué que chaque année, les sept millions de chasseurs en Europe dépensent 16 milliards d’euros en permis de chasse, armes à feu et munitions, équipements, location de territoires de chasse, frais de transports, etc. Un montant déjà colossal auquel il faut ajouter la valeur du travail bénévole des chasseurs. Lesquels gèrent en effet 65 % environ du territoire de l’UE par le biais de nombreuses activités menées pour améliorer les habitats, réduire les conflits entre l’homme et la faune sauvage et contribuer au développement des zones rurales (possibilités d’emploi, renforcement du tissu social, transmission d’une identité culturelle et des traditions…). La contribution des chasseurs est donc en réalité bien plus importante et majore considérablement les 16 milliards d’euros de contribution économique directe ! « Si nous considérons les dépenses directes et le travail bénévole, la filière chasse pourrait valoir 32 milliards d’euros », estimait en 2016, Michl Ebner, président de la FACE.

Afin de mieux évaluer la valeur économique de la chasse, la FACE a d’ailleurs demandé à la Commission européenne de faire réaliser une enquête quinquennale sur les incidences économiques de la chasse, de la pêche, de l’observation et des prélèvements des espèces sauvages. Les résultats pourraient ensuite être utilisés comme indicateur européen pour mesurer l’utilisation durable de la nature et évaluer la mise en oeuvre de la Convention sur la diversité biologique.

Des aigliers menacés !

On n’est même plus surpris d’apprendre qu’une chasse à courre à été perturbée ici, où qu’une vingtaine de « courageux cagoulés » s’en sont pris là à un chasseur de grives solitaire. Mais voilà qu’on s’attaque même maintenant aux aigliers ! Rencontre avec Jean-Louis Liégeois, président des aigliers de France et directeur de l’académie de fauconnerie du Puy-du-Fou.

Pourquoi avoir annulé une de vos chasses ?
L’annonce d’une chasse avec nos aigles a provoqué un déchainement des antichasses sur les réseaux sociaux. Et on avait affaire à des gens sectaires mais surtout très violents. Là, on en est quand même venu aux menaces de mort ! Ces gens sont en plus très bien organisés : nous n’avons pas voulu prendre de risques. Nous avons annulé notre rendez-vous.

Craignez-vous des attaques aussi contre les spectacles avec des oiseaux ?
Il y a un projet de loi en préparation visant à l’interdiction des spectacles itinérants avec des animaux. Nos spectacles avec les oiseaux se font dans un cadre fixe, mais il est bien évident que la tentation sera très forte chez ces gens d’enlever le mot itinérant si ce texte venait à être adopté. Mais, là, nous aurons des arguments à faire valoir. Nous, on mène des actions en faveur de notre environnement en général et de la sauvegarde de ces espèces en particulier. On va se battre ».

Vous chassez aujourd’hui dans le Marais Poitevin, demain en Vienne. Vous êtes quand même optimiste ?
L’enthousiasme des gens à la vue de nos aigles en action ne nous fait pas oublier que nos opposants mènent un lobbying efficaces auprès de gens complètement déconnectés de la nature. Moi, je suis au contraire très inquiet sur l’avenir de notre loisir. Il nous faut être exemplaires dans nos pratiques et bien communiquer pour garder l’espoir.

Agriculture et biodiversité : des défis à relever

Amphithéâtre archi plein au lycée agricole de Melle pour le colloque agriculture et biodiversité en Nouvelle-Aquitaine organisé par la Chambre régionale d’agriculture et la Fédération Régionale des Chasseurs.

Le sujet suscite beaucoup d’intérêt. « Car nous sommes dans une thématique d’urgence », affirmait en conclusion de la journée le chercheur du CNRS Vincent Bretagnolle. « La biodiversité a connu en 25 ans un véritable effondrement en milieu agricole ». Un constat indiscutable. Mais les organisateurs du colloque se sont attachés à mettre justement en valeur les actions engagées pour faire évoluer la situation. On a présenté en particulier celles menées dans le cadre du programme Agrifaune. Plus d’un million d’euros ont été investis dans la région pour ces actions destinées à la prise en compte de la faune sauvage au sein d’une agriculture économiquement viable. « Nous continuerons à soutenir Agrifaune car la Région Nouvelle-Aquitaine veut protéger sans sanctuariser, développer la filière bio », affirmait Henri Sabarot au nom du conseil régional.

Le colloque a permis aussi de découvrir les autres travaux menés dans le cadre des fermes « Dephy », « 30 000 », mais aussi ces actions « de terrain », l’entretien des chemins ruraux, la mise en place de bandes enherbées, de couverts floristiques, d’inter-rangs dans les vignes. On agit en faveur des auxiliaires de cultures, des pollinisateurs. « Nous sommes vraiment engagés dans la démarche », soulignait Luc Servant, premier vice-président de la Chambre régionale d’agriculture, « mais il faudrait que ce soit reconnu. En fait, l’agriculteur doit faire face aux contraintes administratives et il fait quand même l’objet des critiques de la société ». Il se doit aussi, évidemment, de dégager un résultat sur son exploitation. Les défis ne manquent pas ! Pour les relever, la présence de très nombreux apprenants du lycée agricole de Melle (converti en bio) était un vrai motif d’espoir. Mais il faudra du temps, beaucoup de temps !

Chasse aux oies : rassemblements à Rochefort et en Normandie

Après le rassemblement suivi par près de 2 000 chasseurs à Rochefort (17) le 3 février dernier, plusieurs centaines de manifestants se sont réunis sur le pont de Normandie hier. Des chasseurs en colère contre la décision de Nicolas Hulot d’interdire la chasse aux oies en février alors qu’elles sont gazées lorsqu’elles arrivent aux Pays Bas en raison de leur surabondance.

Hier, les manifestants ont fait le déplacement en provenance de toute la Normandie, et aussi des Hauts-de-France, de Loire-Atlantique, ou encore de Gironde. Ils protestent contre le changement de date. Une incompréhension car la surabondance de ces oies provoque chaque année plusieurs millions d’euros de dégâts en Europe, notamment aux Pays-Bas. « En Hollande, des dizaines de milliers d’oies sont gazées chaque années à cause des dégradations qu’elles provoquentEt dans le même temps, on nous empêche de les tuer. C’est le monde à l’envers ! ». Les chasseurs ont distribué des tracts aux automobilistes, filtré les voitures. Le pont de Normandie a été bloqué jusqu’à 20h et quelques dégradations du mobilier urbain seraient à déplorer.

La Fédération Nationale des Chasseurs (FNC), qui s’était exprimée clairement contre toute manifestation, a réagi dans un communiqué contre le comportement de quelques-uns, ne représentant qu’une infime partie des manifestants : « La FNC condamne fermement toutes ces actions violentes qui desservent le monde de la chasse et caricaturent nos revendications légitimes. La FNC continue les négociations avec le gouvernement. »

Rassemblement à Rochefort le 3 février dernier.

 

Manifestation sur le pont de Normandie le 10 février.

Manifestation sur le pont de Normandie le 10 février.

 

Attaques de loups : une vidéo choc pour mobiliser

L113 a publié le 12 décembre une vidéo choc qui accuse Nicolas Hulot d’être complice de maltraitance animale en laissant les attaques de loups se multiplier.

Le collectif à l’origine de la vidéo baptisé L113 « éthique et pâturage », en référence au code rural, plus particulièrement l’alinéa 8 qui indique que le Gouvernement doit « assurer la pérennité des exploitations agricoles et le maintien du pastoralisme, en particulier en protégeant les troupeaux des attaques du loup et de l’ours dans les territoires exposés à ce risque. » S’inspirant des vidéos de l’association L214, le collectif accuse le ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot, d’être « complice de maltraitance animale. » Pour L113, le ministre « participe aux massacre des animaux d’élevage », « pousse les éleveurs à la désespérance » et « signe la disparition du pastoralisme et de la biodiversité. » Le collectif souhaite ainsi que le prochain Plan loup soit un plan « pour un pastoralisme vivant. »

Brebis, vaches, ânes, chiens sont ainsi montrés éventrés, agonisants après avoir subi une attaque du prédateur. D’après le collectif, ces « images chocs sont toutes issues d’épisodes réels de prédations de loups sur les animaux. »

Voir la vidéo : ici

Attention, cette vidéo présente des images qui peuvent choquer.

(Article ASL sur www.pleinchamp.com)

Un dialogue de sourd sur les oies…

Nicolas Hulot a annoncé que cette chasse aux oies en février devait se négocier en contrepartie de l’interdiction de la chasse au grand tétras dans les Pyrénées, de la remise en cause du classement nuisible du renard et des mustélidés, l’interdiction de la chasse de certains limicoles, l’interdiction de la chasse à la tourterelle, et bien sûr la remise en cause des chasses traditionnelles.

Lors de sa première rencontre avec Nicolas Hulot, la Fédération Nationale des Chasseurs avait passé des accords constructifs avec le ministre d’Etat, ministre de l’Ecologie et de la Chasse. Le 20 décembre dernier, le ministre  a confirmé que les engagements pris, allaient connaître un aboutissement d’ici le 15 janvier 2018, sur les statuts des fédérations, sur l’organisation maîtrisée du permis de chasser et sur le modérateur de son. Il a confirmé l’engagement du Président de la République sur la place des chasseurs dans l’AFB dans un délai plus long.

Lors de la seconde audience, la FNC a abordé de façon très directe la réforme globale de l’organisation de la chasse qui implique une réforme de l’Etat et qui vient de faire l’objet d’un vote unanime au Conseil d’Administration. Le président, Willy Schraen a insisté auprès du ministre sur la nécessité de conforter l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS) dans l’ensemble de ses missions de police de l’environnement, de la nature et de la chasse dans les départements en augmentant ses moyens humains et financiers, ce qui loin d’être le cas à ce jour. Il a aussi expliqué la réforme de la chasse française, avec le permis national à 200 euros pour favoriser le développement de la chasse et le renforcement de l’échelon fédéral régional pour agir sur la biodiversité ordinaire et l’expertise nature.

Le ministre a reconnu que la réforme était cohérente et qu’il allait falloir trouver les moyens financiers pour ne pas pénaliser l’ONCFS tout en conduisant cette réforme qui implique une autre répartition des flux financiers de l’Etat. C’est lorsque Willy Schraen a abordé les priorités liées au calendrier et notamment le dossier sensible des oies que le ministre a radicalement changé de comportement, quittant sa fonction de ministre d’Etat pour redevenir le militant écologiste. Pourtant la proposition de dérogation très innovante de Willy Schraen pouvait permettre de chasser au maximum 5 000 oies sur l’ensemble du mois de février, dans le cadre d’une expérimentation du futur plan de gestion adaptative européen.

Pour toute réponse, le ministre a proposé « un deal » totalement inacceptable pour la FNC. Nicolas Hulot a annoncé que cette chasse aux oies en février devait se négocier en contrepartie de l’interdiction de la chasse au grand tétras dans les Pyrénées, de la remise en cause du classement nuisible du renard et des mustélidés, l’interdiction de la chasse de certains limicoles, l’interdiction de la chasse à la tourterelle, et bien sûr la remise en cause des chasses traditionnelles. C’est d’ailleurs dans ce domaine que le ministre a de nouveau « dérapé », en affirmant que son idéologie ne lui permettait pas d’envisager la chasse des petits oiseaux, même en bon état de conservation comme le pinson. Le ministre a totalement fermé la porte à toute discussion, avec pour argument sidérant « que ses copains seraient en colère », s’il devait trouver un accord sur les oies.

« Nous ne pouvons accepter d’être reçus au coeur de la République Française, par un ministre d’Etat, qui semble avoir oublié qu’il n’est plus militant écologiste. Évidemment, la FNC a refusé de dealer quoi que ce soit avec le ministre et sa conseillère biodiversité très anti chasse. Pour autant, la FNC ne peut se satisfaire d’une telle réponse concernant le sujet très symbolique des oies et elle prendra toutes les dispositions nécessaires à la défense de cette dérogation pour la pratique d’une chasse raisonnable et équilibrée en février prochain », a indiqué la FNC.

La FNC demande des réponses précises sur l’hybridation des loups

Depuis des années, la Fédération Nationale des Chasseurs (FNC) demande au Ministère en charge de l’Ecologie des résultats officiels sur l’origine génétique et le niveau d’hybridation des loups (croisement entre chien et loup) présents sur nos territoires ruraux, mais aussi de ceux détenus en captivité.

Alors qu’une étude récente du laboratoire Antagene évoquait un taux d’hybridation de 7,5 % des loups vivant en milieu naturel en France, un laboratoire Allemand Forgen vient de présenter ses résultats, sur un échantillon plus restreint en concluant par un taux d’hybridation de 100 % ! Pour la FNC : « Il est indispensable de faire la lumière sur l’état réel d’hybridation de la population de loups de notre pays. Un tel écart ne peut qu’inquiéter les éleveurs et tous les gestionnaires de la faune sauvage. D’ailleurs de tels chiffres, s’ils étaient officiellement confirmés, pourraient remettre en cause le statut juridique d’espèce strictement protégée que lui confère la législation nationale et internationale, ainsi que toute la politique de gestion de cette espèce. »

Face à l’augmentation permanente de la population de loups, la FNC demande aussi aux ministères en charge de l’Agriculture et de l’Ecologie de relever le plafond du nombre de loups à prélever en 2018, à 120 loups, et ce en prévention des dommages importants sur les exploitations d’élevage (estimés déjà à plus de 30 Millions d’€ annuels en prévention, indemnisation et frais de gestion).

Par ailleurs la FNC regrette la nouvelle orientation du Plan National d’Action sur le Loup 2018-2023 en cours de rédaction, qui vise à la suppression progressive des tirs de prélèvements réalisés par des chasseurs dans le cadre d’actions de chasse au grand gibier. « Au nom de quelle efficacité et à quel coût préfère-t-on la mobilisation d’une brigade mobile d’intervention de l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage qui alourdira encore la facture pour le contribuable ? », interroge la FNC dans un récente communiqué.

Rencontre : L. Willnegger, secrétaire général de la FACE

Ludwig Willnegger, fraichement élu secrétaire général de la Fédération des associations de chasse et conservation de la faune sauvage de l’Union européenne (FACE), a accepté de répondre à nos questions. Ludwig Willnegger détient la double nationalité allemande et belge, est diplômé en sciences agronomiques et en droit. Il a obtenu son permis de chasse en Bavière à l’âge de 16 ans et a grandi dans une exploitation agricole, au sein d’une famille qui perpétue la tradition de la chasse depuis de nombreuses années. « La chasse est l’une des expressions du patrimoine culturel européen »n a-t-il indiqué lors de son investiture. E d’ajouter : « L’avenir de la chasse passera par un lien plus étroit entre l’homme et la nature, des actions responsables, ainsi que par la mise en œuvre de politiques durables.»

La nouvelle Directive armes est-elle une victoire pour les chasseurs européens ?
Nous défendons au quotidien les intérêts des chasseurs, mais également de tous ceux qui dépendent de l’économie cynégétique. Le sujet de la directive armes a donné lieu à un vote final en date du 25 avril 2017. Quant à la directive, elle est déjà publiée depuis le 17 mai. Pour la FACE, le rejet des amendements (visite médicale, interdiction des armes de catégorie A et Licence de minimum 5 ans) concernant la directive armes au mois de mars dernier est une victoire et le résultat d’un vrai combat. Rappelons que les propositions faites dans le cadre de cette révision étaient particulièrement liberticides envers les chasseurs, les tireurs sportifs mais également envers les fabricants. Nous avons su faire entendre notre voix et faire comprendre que de telles mesures ne feraient que punir les personnes dans la légalité et ne lutteraient en rien contre les risques réels liés à l’usage d’armes prohibées et illégales à des fins notamment de terrorisme.

 

« Notre leitmotiv reste de défendre au mieux les intérêts des chasseurs européens et la biodiversité pour laquelle ils œuvrent au quotidien. »

 

Quelles mesures sont prises pour lutter contre la peste porcine ?
La peste porcine a fait l’objet d’une conférence que nous avons co-organisée avec le Conseil International de la chasse et de la Conservation du gibier le 6 avril dernier. Durant cet atelier nous avons discuté de la nécessite de « préparer » les chasseurs à cette potentielle pandémie que représente la peste porcine. Pour rappel la peste porcine africaine est une maladie hautement transmissible qui touche les cochons d’élevages mais également les sangliers et cochons sauvages. L’impact sur la santé publique, la nature mais également l’économie est potentiellement énorme. Le risque pandémique est fort, depuis 2011 de nombreux cas ont été recensés dans les pays de l’Est, de récentes recherches ont montré toute l’étendue de la maladie et la forte probabilité de la voire s’étendre jusqu’à l’Ouest du continent Européen. Nous sommes préoccupés par la manière dont les consignes vont se mettre en œuvre à échelle nationale. De quelle manière les recommandations concernant la chasse, la gestion des carcasses mais également les questions de financement et de communication seront traitées. Nous faisons actuellement pression sur la Commission pour que des fonds pour combattre cette maladie soient débloqués.

Quelles sont les priorités de la FACE actuellement et pour l’année à venir ?
Nos combats et objectifs sont nombreux et notre leitmotiv reste de défendre au mieux les intérêts des chasseurs européens et la biodiversité pour laquelle ils oeuvrent au quotidien. L’année 2017 a donné lieu à de nombreux échanges et de belles réussites, 2018 s’inscrira dans la continuité des projets menés. Nous poursuivrons le travail débuté sur le dossier complexe et riche des espèces migratrices, c’est autour d’un travail de terrain et de la valorisation du rôle des chasseurs en tant que sentinelle de la nature que nous avancerons sur le sujet. La cohabitation avec les grands carnivores d’Europe sera également l’une des thématiques qui trouvera une continuité dans notre planning de travail de 2018. Le sujet a été récemment présenté en conférence et de nombreuses propositions pour faire face à la grande proximité entre les activités humaines (l’urbanisme grandissant) et les populations de grands carnivores ont été proposées. Afin de mieux comprendre l’étendue de ce problème et d’y apporter des solutions réalistes et applicables nous prévoyons notamment d’établir en collaboration avec WWF une cartographie des « zones de conflits ». Nous poursuivrons également notre travail autour de problématiques aussi divers que les chasses traditionnelles, les armes à feu et la question des munitions, la santé et le bien être animal mais également les questions liées à la biodiversité, l’agriculture et l’utilisation des terres ou encore l’importation de trophées de chasse. Les problématiques sont variées et nous comptons bien cette année encore faire entendre la voix des chasseurs d’Europe sur les différents sujets qui ont trait à cette nature qu’ils défendent et aiment tant ! Pour finir la FACE investira plus de ressources en communication, notamment auprès des associations de chasse régionales, locales et auprès des chasseurs eux-mêmes.

La FNC s’est un peu fâchée l’an dernier… Qu’avez-vous l’intention de faire pour ne pas perdre le soutien du premier pays d’Europe en nombre de chasseurs ?
En effet, les relations entre la FNC et la FACE ont été tendues. Mais nous allons trouver une solution cette année. Nous travaillons beaucoup, nous sommes une petite équipe et nous disposons d’un budget de +/- 900 000 euros. C’est peu par rapport aux 40 millions d’euros que se partagent les 15 plus grosses ONG de défense de l’environnement type Greenpeace ou Birdlife… Mais je partage l’opinion de M. Schraen et la FACE va muscler son travail de lobbyiste. C’est vraiment notre objectif aujourd’hui. Nous renforçons aussi nos relations avec les hauts fonctionnaires, avec la presse cynégétique et les représentants à l’Agriculture. Car là encore nous partageons l’avis de la FNC sur le rôle que joue l’Agriculture dans la baisse du petit gibier… Si l’on a le soutien de tous nos membres, y compris les plus modestes, nous allons pouvoir avancer véritablement.

Recueillis par Sébastien LAHALLE

NB : Fédération des associations de chasse et conservation de la faune sauvage de l’Union européenne (FACE ).

Accidents : les chiffres de la saison 2016 2017

Le nombre d’accidents de chasse déclaré en France lors de la dernière saison était de 143, dont 18 mortels. C’est deux fois moins qu’il y a 20 ans.

A l’échelle de la région Nouvelle Aquitaine, 31 accidents ont été recensés par l’ONCFS. 94 % des victimes sont des chasseurs, et le grand gibier est en cause dans 66 % des cas, contre 29 % pour le petit gibier. 5 % des accidents n’ont pas permis de déterminer le gibier chassé. Le baromètre de l’ONCFS permet désormais de compter non seulement les accidents mais aussi les incidents, c’est-à-dire « les évènements survenus au cours d’une action de chasse et qui en troublent le déroulement ». Il s’agit par exemple de dégâts matériels sur des véhicules, des habitations, ou de blessure sur animaux domestiques.

Durant la saison 2016 2017, 55 fiches ont ainsi été répertoriées en Nouvelle Aquitaine. Au total, il y a eu 4 morts, 17 blessés graves et 10 blessés légers. Sur les douze dernières saisons, 22 morts à la chasse ont été déplorés en Nouvelle Aquitaine (voir ci-dessous). L’ONCFS constate que dans 84% des cas signalés, des règles élémentaires de sécurité n’ont pas été respectées, 16% des accidents étant imputables à une malchance particulière (ricochets, chute, problème balistique ou attaque de sangliers). Il n’existe ni d’âge (46 % des accidents causés par des chasseurs de plus de 60 ans) ni de critère social pour identifier les auteurs des accidents. Un ancien gendarme formateur au permis de chasser ayant par exemple été l’auteur d’un tir direct à plombs n° 1 en direction d’une route où était placée sa victime à moins de 80 mètres !

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